Josette McNicoll septembre

33 ans de loyaux services pour un monde meilleur

7 nov. 2019 4 minutes 310 vues

33 ans de loyaux services pour un monde meilleur

Jean-Yves Gagnon naît à Baie-Saint-Paul en 1959. Il grandit sur la rue Saint-Joseph auprès de ses parents Paul Gagnon et Pierrette Gilbert. Cette dernière, âgée de 89 ans vit toujours dans la maison familiale. En 1977, il s'enrôle dans l'armée à l'âge de 17 ans. Son père doit signer pour lui permettre de se joindre aux Forces. Comme tous les nouveaux militaires, il se dirige vers St-Jean sur Richelieu pour un entraînement de onze semaines., Il est affecté au 22ème régiment où il poursuit un entraînement au combat. Après quelques mois, on l'envoie à Lahr en Allemagne et comme il a suivi des cours de saxophone à la Polyvalente Saint-Aubin, il se retrouve trompettiste au sein de la fanfare de la base. Il est alors fantassin, c'est à dire soldat sans spécialisation.

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Technicien en mouvement

En 1984, il souhaite exercer un métier et il suit une formation de technicien en mouvement. A partir de ce moment, cette compétence lui permettra de jouer de nombreux rôles au sein des forces armées. Il est chargé de planifier les déplacements de matériel et de militaires sur leurs nouvelles affectations. Avec ses collègues, il accroche les chargements sous les hélicoptères et chargent les trains. Il doit s'assurer que les avions ne sont pas surchargés et que le matériel ainsi que les passagers sont bien balancés. Pour être plus efficace et mieux outillé, il suit un cours d'anglais de trois mois à Borden. Il fait également un séjour à Edmonton en Alberta. Une première fille est née à Québec en 1988.

En 1989, il est muté à Ottawa et une deuxième fille vient au monde. Il poursuit sa carrière en logistique du transport, c'est le début de ses missions à l'étranger. Il est affecté au Golan aux frontières d'Israel et la Syrie. Il doit se rendre régulièrement à l'aéroport de Damas en traversant des villages avec une certaine inquiétude.

À Trenton en Ontario, il est ''loadmaster'' sur les avions Hercule de l'armée, il est alors responsable du chargement équilibré des avions. Il cumule à cette époque 2016 heures de vols, ce qui signifie qu'il passe énormément de temps dans les avions.  Il part pour des séjours d'un mois en Italie pour ravitailler l'aéroport de Sarajevo en Bosnie notamment en aide humanitaire. Les avions atterrissent, déchargent en quelques minutes les hommes et la marchandise et repartent immédiatement pour l'Italie.  Il a peut-être fait 100 opérations du genre pendant la guerre le Bosnie.

L'horreur de Rwanda

C'est en 1994 qu'il vit l'événement le plus traumatisant de sa carrière militaire. Il fait partie d'un vol vers l'aéroport de Kigali au Rwanda en plein génocide. Ils transportent un ministre italien et le général Roméo Dallaire les attend au sol.  Leur avion est pris sous le feu, on leur tire dessus au mortier. Il y a une vingtaine de passagers à bord. Ils doivent repartir sans délai sinon leurs vies est en préril. L'avion reprend la piste mais Jean-Yves Gagnon est toujours sur le tarmac, il doit courir et sauter à bord à la dernière seconde. Une fois dans les airs, par le hublot, il voit des centaines de cadavres qui flottent sur un cours d'eau. Il s'en est fallu de peu. Il retourne une fois à Kigali à partir de Nairobi au Kenya. Ils vont chercher un mort et un blessé parmi les militaires.

Ce n'est pas fini pour les affectations à l'étranger pour Jean-Yves. Il s'envole ensuite pour Bangui en République Centrafricaine avec l'ONU pour un maintien de paix en période d'élection qui s'avère plus tranquille. Ensuite, c'est l'Australie qui l'attend pour un théâtre d'intervention moins connu qu'est le Timor oriental. Il vit le bogue de l'an 2000 pendant qu'il est sur cette mission. Il retourne à Saint-Jean sur Richelieu comme adjudant, il a alors dix hommes sous ses ordres.

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Avant sa retraite, alors qu'il aurait pu se la couler douce au quartier général, il fait deux missions en Afghanistan pour un total d'un an et demi. Une de ses tâches est de redéployer les militaires canadiens tombés aux mains des Talibans. Il entend régulièrement des explosions près du campement sans conséquence humaine. Le 1er novembre 2010 après 33 ans de service à l'âge de 50 ans, Jean-Yves prend sa retraite des Forces armées. Il est multi-médaillés pour chacune de ses missions et ses années de service.

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Maintenant père de deux filles et grand-père de deux petits-enfants, séparé en 2006, il rencontre Réjeanne Harvey de Clermont. Ils opèrent ensemble une maison d'hébergement pour neuf personnes ayant une déficience intellectuelle. Il dit y retrouver certains éléments de son travail dans l'armée en ce qui a trait à la routine des tâches quotidiennes.

Encore un autre Charlevoisien qui nous a rendu service en tant que citoyen de notre pays. Il s'est dévoué pour la paix, jamais pour des raisons guerrières. Comme tous les autres vétérans, il mérite nos mercis et c'est avec fierté que je peux vous raconter brièvement l'histoire de ces hommes et femmes de chez nous.

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