Chroniques, Le temps d'une paix

Le temps d’une paix | Les costumes | 49/52

Charlevoix

Lun. 20 juillet 2026 2 minutes

Par Christian Harvey

Le téléroman Le Temps d’une paix a été diffusé à Radio-Canada de 1980 à 1986 (135 épisodes). Cette semaine regardons les costumes.

Studio 3
Studio 3

Les costumes

Le succès des productions télévisuelles nécessite un travail consciencieux réalisé par des artisans de l’ombre souvent planifié longtemps avant le tournage des prises. Pour le Temps d’une paix, les costumes occupent une place centrale dans une reconstitution historique qui se veut le plus fidèle possible du passé. Ce travail a été réalisé pour une grande part par Gérard Hébert.

C’est lui qui se charge de dessiner les costumes. Un art qu’il a commencé à pratiquer auprès d’une entreprise qui faisait affaire avec Radio-Canada avant d’être embauché par la Société d’état. On lui doit notamment la composition des costumes de la mini-série Duplessis, réalisée par Mark Blandford et scénarisée par Denys Arcand en 1978, où un Jean Lapointe méconnaissable incarne le Chef.

Gérard Hébert fait la lecture des textes et discute des personnages avec l’auteur Pierre Gauvreau pour bien saisir leurs caractéristiques propres. Ensuite, il réalise des recherches en archives (Parlement de Québec, journaux de l’époque) et se rend même à La Malbaie pour retrouver des albums de famille. Mais l’habit des habitants de tous les jours est difficile à déniché car les gens, fiers, mettent toujours leurs plus beaux vêtements au moment de se faire « tirer le portrait ».

Une fois ses dessins terminés, il apporte les modèles à la couture. Il participe ensuite au choix des tissus et des couleurs qu’il préfère « terreuses », c’est-à-dire sombres, pour le Temps d’une paix. Même les chapeaux et les casquettes sont confectionnées à Radio-Canada. Seulement les chapeaux de paille, les bottes, bottines et souliers sont produits à l’externe. Puis vient l’étape des essayages. Et l’on tente de vieillir le tout pour montrer que le tout a servi comme dans le cas de la vie des ancêtres. Et le résultat est plutôt impressionnant de vérité.

Gérard Hébert emploie certaines techniques pour corriger certains problèmes. Pour faire vieillir Paul Hébert (Siméon Desrosiers), il utilise le stratagème de la chemise trop grande pour faire saillir un cou plus maigre. Pour Monique Aubry (Mémère Bouchard), on pense à la coiffer d’un bonnet ou d’une « capine », de la grossir par l’ajout de nombreux jupons et de lui faire porter une camisole au dos rembourré pour donner l’impression d’avoir un dos voûté. À noter que l’actrice née en 1921 n’a que 59 ans au début de la série en 1980 et doit jouer un personnage beaucoup plus âgé qu’elle !

L’arrivée du nouveau Joseph-Arthur Lavoie, Jean Besré, à la suite de Pierre Dufresne, apparaît un problème important pour Gérard Hébert : les deux acteurs possèdent un physique très différent, en particulier au niveau de la taille. Il va ajouter un talon, invisible, aux bottines de Jean Besré qui va lui permettre de gagner pas moins de 5 centimètres!

Gérard Hébert ou la magie du petit écran!

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