Gens de chez nous | L'envol de l'oiseau mécanique
Mar. 13 août 2024 5 minutes
Par André Magny
Deuxième envol réussi pour l’oiseau mécanique
Après de brillants succès l’an dernier où des milliers de personnes ont afflué vers le Massif de Charlevoix pour la première édition de L’envol de l’oiseau mécanique, la production féérique revient jusqu’au 2 septembre avec quelques nouveautés.
C’était soir de fébrilité le 27 juin dernier au Massif. Médias et invités de marque avaient été convoqués pour le lancement médiatique de la 2e saison de L’envol.
Dans un premier temps, au Camp Boule, cette buvette de montagne nichée tout en haut du Massif avec une vue imprenable sur l’Île-aux-Coudres, le chef David Forbes et sa brigade avaient concocté un véritable menu gourmand. Les Viandes bios de Charlevoix et une onctueuse mousse de foie de volaille précédaient une salade de tomates locales agrémentées de fromage feta de la Famille Migneron. Comme plat de résistance, une exquise omble chevalier et sa purée de céleri-rave se laissaient tour à tour découvrir dans une ambiance chaleureuse. Un bavarois à la rhubarbe venait clôturer le tout de belle façon avant la rencontre avec les responsables de l’Atelier Occhio.
Un quatuor allumé
Yves Aucoin, Martin Labrecque, Stéphane Mongeau et Olivier Kemeid forment une équipe inséparable dans cette aventure. Les deux premiers sont des éclairagistes réputés avec notamment le Cirque du Soleil ; le troisième agit comme producteur exécutif et le quatrième est avantageusement connu pour ses mises en scène. À eux quatre, ce sont les cocréateurs de L’envol de l’oiseau mécanique. Ils ont donc conçu les différents tableaux lumineux qui sillonnent le parcours de l’oiseau mécanique.
En les présentant au public réuni le soir de la première, Daniel Gélinas, le producteur exécutif du projet pour le Massif de Charlevoix, n’a pas manqué non plus de souligner le travail du compositeur Philippe Brault, qui signe la musique du spectacle nocturne ainsi que celui de Jacques Boucher à l’environnement sonore. En parlant du son, Daniel Gélinas dira de celui-ci qu’il est « extraordinaire » en raison notamment de l’espace qu’il faut meubler dans un endroit comme la forêt.
M. Gélinas a également souligné quelques nouveautés qui avaient été amenées cette année pour améliorer le produit : l’aménagement d’une zone festive avec un simulacre de feu de camp complètement sécuritaire, le passage sur la passerelle du passe-temps et le forfait souper-spectacle au Camp Boule.
L’ancien du Festival d’été de Québec a aussi rappelé que le projet a été conçu « afin de permettre à la région de Charlevoix d’avoir une activité de soirée. C’était une carence dans la région. On est content d’amener ça. On vient combler une offre touristique importante. » La création d’un tel spectacle a aussi permis à une trentaine de personnes de participer à l’installation de l’équipement en forêt.
Entre mer et montagne
Rencontré en entrevue lors de la soirée, Olivier Kemeid, l’ancien directeur du légendaire théâtre montréalais Le Quat’Sous, raconte la genèse du projet : « Au départ, on avait quelques photos de montagnes comme source d’inspiration, quelques croquis… mais honnêtement, c’était dans nos têtes. Quand on est venu au Massif, on a fait nos premiers tests avec un petit peu d’équipement qu’on a placé nous-mêmes. On s’est dit alors que c’était peut-être juste dans nos têtes ! »
Mais une fois quelques spots installés, avec de la musique ici et là et en entendant le vent dans les arbres et en admirant la voûte étoilée, le dramaturge se rappelle d’avoir eu une conviction profonde : « On a quelque chose ! » Ce projet partagé vraiment à quatre a été un formidable défi pour Olivier Kemeid. « Mais on a eu aussi besoin des gens du Massif qui avaient l’expertise de la montagne. » Fier de n’avoir abattu aucun arbre, il est aussi ravi d’avoir pu démocratiser l’accès à l’un des joyaux du Québec par cette nouvelle activité à la fois humaine et artistique. Il se souvient notamment d’avoir rencontré une personne non voyante qui lui a avoué avoir vécu « une expérience sonore extraordinaire ! Ça m’a vraiment ému. »
Le concept semblant assez unique dans le monde, pourrait-on voir L’envol de l’oiseau mécanique déployé ses ailes vers une autre montagne québécoise, voire à l’extérieur du Québec ? « Pour l’instant, on est vraiment concentré de bien le faire ici, mais oui, ça pourrait se transposer. C’est sûr que cette sensation d’être en mer et montagne, c’est quand même assez rare dans le monde. »
L’envolée
Qui n’a jamais rêvé de voler, de déployer ses ailes, de voir ce qu’un rapace peut apercevoir à des mètres et des mètres de distance ? Ou encore de survoler le St-Laurent et de revenir à la cime des arbres ?
C’est à ça que nous convie L’envol de l’oiseau mécanique. Dans un premier temps, bien au chaud dans une télécabine, musique et texte nous préparent à pénétrer dans le nid de l’oiseau mécanique tout en descendant vers le fleuve. (photo 3 – La passerelle)
Une fois au bas de la montagne, la passerelle toute illuminée du passe-temps nous amène vers la deuxième partie de l’envol, cette fois dans un télésiège où le vent et le bruit de la forêt sont de la partie. Au cours de la montée, quelque 10 tableaux se déroulent sous nos pieds. Tout en crescendo. Et c’est notamment à partir du 5e, L’embrasement, que la magie opère. Et au bout du 2e kilomètre de remontée, le dernier tableau est absolument époustouflant. Si l’expression d’aller vers la lumière est parfois galvaudée, ici, en haut du Massif de Charlevoix, elle prend tout son sens.