Josette McNicoll septembre

Julie Brassard, une fille d'intuition

30 oct. 2019 4 minutes 183 vues

Julie Brassard, une fille d'intuition

Julie Brassard a été élevée par ses grands-parents Lapointe à La Malbaie. Sa mère trop jeune et non mariée ne pouvait pas prendre charge d'une nouveau née à cette époque. Elle reprendra cependant contact avec ses parents à l'adolescence. Son grand-père Lapointe, décédé assez jeune, était le grand maître du bingo pour un club social de La Malbaie. Les premiers emplois de Julie l'amènent à être serveuse dans les bars comme le "Bar la Relance" à Saint-Aimé des Lacs. Elle travaille aussi dans des auberges de la région tout en suivant des cours de service en  restauration à l'école du Plateau. Elle travaille à TVC-VM le temps d'un projet d'été.


Elle se marie et a une petite fille. Son mariage ne dure pas et elle devient monoparentale. Malgré ça, elle retourne au Cégep de Jonquière en Techniques d'éducation spécialisée. La garderie du cégep est bien placée pour s'occuper de la petite pendant que le mère est à ses cours. À son retour dans Charlevoix, diplôme en poche, elle fait des contrats temps partiel dans différentes écoles. Sa plus longue expérience dure deux ans à l'école de Saint-Siméon où elle s'occupe d'une classe avec Annie Tremblay. Faute d'élèves la classe est fermée et Julie se retrouve devant une certaine précarité.


En fille d'intuition et aimant la nouveauté, elle postule comme coordonnatrice de l'Association des Handicapés de Charlevoix et elle obtient le poste. C'est un tournant majeur dans sa vie et sa carrière. Elle fait son entrée dans le secteur communautaire où elle oeuvre encore aujourd'hui. S'enchaînent alors, selon les coups de coeur ou d'intuition, plusieurs démarches professionnelles.


Tout d'abord, elle devient intervenante psycho-sociale à l'Éveil Charlevoisien, mais au bout de quelques années elle se sent appelée ailleurs. Elle démissionne et s'inscrit à l'Université en psychologie organisationnnelle, ce qui amène la serveuse de bar du début à un autre niveau. De fil en aiguille, elle s'intéresse au coaching de gestion et de carrière, elle s'inscrit donc à un programme de formation par téléphone pour une école de Montréal et obtient ses certifications. Avec une tentative de vivre de ces compétences en coaching, elle se rend compte de la difficulté d'avoir suffisamment d'activités dans Charlevoix. Même si le temps lui manque pour coacher présentement, elle se garde ouverte la porte pour y retourner à sa retraite, car elle adore cette relation avec les gens.


Son arrivée dans le monde de l'emploi passe par le G7, organisme d'emploi, où elle sera conseillère pendant dix ans. Elle rencontre des milliers de personnes pour les aider dans leurs recherches d'emploi et est en contact avec la situation parfois difficile des travailleurs et travailleuses charlevoisiens(nes).




[caption id="attachment_64042" align="alignnone" width="1024"]DSC_0219 Bureaux d'Action chômage à Clermont[/caption]

Autre gros changement en octobre 2014, Dany Harvey quitte le Mouvement Action Chômage après plusieurs années. Dans sa quête de nouveaux défis, Julie tente sa chance et obtient le poste. Au début, elle doit se familiariser avec le régime d'assurance chômage. Ce qui la déstabilise un peu dans son nouvel emploi est l'aspect politique du travail. Peu habituée aux médias, assez discrète et ne recherchant pas à être mise de l'avant elle doit apprivoiser le côté public de son poste. D'ailleurs, lorsque je lui ai proposé d'être personnalité du jour, elle m'a dit qu'elle n'avait pas grand chose d'intéressant à dire. Qu'en pensez-vous?


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Dans son travail, Julie dit côtoyer beaucoup de difficultés et de misère parce que la vie d'aujourd'hui est exigeante et certaines personnes s'y sentent complètement perdues. Elle s'anime en déplorant l'immense multiplication des structures dans tous les domaines par peur d'avoir peur. Toutes ces structures, règlements, lois, politiques, procédures étouffent la vie, selon Julie qui fait beaucoup confiance à l'intuition humaine qui passe par le coeur alors que les structures sont froides et inanimées.


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Elle considère que les gens quittent la région étant incapable de survivre et ce sont les plus démunis qui écopent le plus, car ils ne sont souvent non informatisés et que de plus en plus tout se fait en ligne.  Le trou noir est une réalité et le régime d'assurance chômage est bâti pour payer le moins possible. Quinze semaines pour quatorze semaines de prestation plus cinq semaines avec le projet pilote. Julie attend avec impatience la réforme promise par les libéraux. Le mouvement Action Chômage répond à environ 800 clients par année.


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En toute fin, j'ai découvert presque par hasard que notre très humble personnalité du jour est la présidente du Conseil National des Chômeurs, regroupement d'organisme d'aide aux chômeurs. Ce poste important donne à Julie l'occasion d'agir directement avec le gouvernement sur les questions d'assurance chômage. MonCharlevoix.net la remercie de sa collaboration et souhaite que son intuition permette d'améliorer, un tant soit peu, la vie des chômeurs au Québec.

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