RECRUTEMENT Ville Baie-St-Paul

Le Baie-Saint-Paul de Rémi Couture

7 févr. 2020 9 minutes 200 vues

Le Baie-Saint-Paul de Rémi Couture

Même si on a l'impression qu'il a toujours été dans Charlevoix, Rémi Couture est né à Beauport dans une grande famille de 7 enfants, dont 5 filles et 2 garçons. Son père est employé civil pour l'armée canadienne et sa mère est vendeuse chez Paquet et chez Holt Renfrew. Il fait son Secondaire à l'Académie Sainte-Marie où il côtoie des personnes présentes chez nous comme Lyne Duplain et Diane Paquet. Très jeune, il travaille comme éducateur spécialisé à Robert Giffard. Lors d'une grève universitaire en 1976, il prend la décision de rester à son emploi d'éducateur même s'il avait débuté des études en Communication et Cinéma.

L'été, il passe ses vacances au Balcon Vert et tombe amoureux de l'atmosphère et de la vie à Baie-Saint-Paul. Il se tient au Mouton Noir ou toute une faune artistique a ses quartiers. C'est le temps des Échassiers de la Baie, de Guy Laliberté et de Gilles Sainte-Croix. Diane Tell est au summum de sa popularité lorsqu'elle se produit chez nous. Il se lie d'amitié avec les frères Thériault en particulier Raynald et Gérald, des sculpteurs de grande renommée. Il travaille avec eux sur plusieurs projets. Il s'enracine si bien qu'il ne repart plus jamais.

Au secondaire, il faisait de la radio étudiante ce qui l'amène à s'impliquer au conseil d'administration de la future station charlevoisienne en gestation, CIHO. Il s'agit d'un gros dossier à l'époque puisqu'il faut choisir le lieu d'implantation de la radio. Car à l'habitude les forces du déchirement est-ouest sont à l'oeuvre. Il est question d'une station principale à La Malbaie et d'un bureau satellite à Baie-Saint-Paul. Cette proposition n'obtient pas l'aval des administrateurs. Parmi les acteurs de l'époque, on retrouve Marc Laforêt qui venait de quitter, Michel Bélanger de la MRC de Charlevoix, madame Jacinthe Simard, Martine Sauvé, Monique Belleau et Bertrand Dion entre autres. Le compromis situe le studio à Saint-Hilarion. Sûrement une bonne décision puisqu'il est là de nos jours procurant une quinzaine d'emplois dans cette municipalité. La décision de mettre l'antenne sur le Mont des Éboulements n'est peut-être pas aussi bonne, car CIHO connaîtra de nombreuses difficultés techniques en raison de cette technologie éolienne trop avant-gardiste. Rémi quitte le CA pour travailler au financement de la radio. Il organise un gros brunch au Manoir Richelieu ou 80 000$ sont amassés. C'est aussi son premier contact avec Jacinthe Simard qui sera très présente pour la suite des choses. Le nouveau DG de la radio, Guy Laprise, remercie Rémi. Ça ne l'empêche pas de continuer d'être un passionné de radio, puisqu'il continue  d'en faire jusqu'en 2017. Il co-anime avec une centaine de personnes différentes parce qu'il change de compères à chaque semaine. Les 10 dernières années, son co-animateur sera son bon ami Claude Lemay. C'était des émissions bien préparées avec des thèmes qui demandaient beaucoup de travail. Il passe alors à la télévision plus précisément à TV-CO qui est alors en crise. Il monte le département commercial et vend de la publicité pas très longtemps. Forum Jeunesse lui demande de monter des projets avec les jeunes délinquants. Il s'agit de développer des activités constructives pour des jeunes avec sentences. Il entre au CA de Forum Jeunesse qu'il faut redémarrer. Il participe à l'achat du bâtiment actuel. Il présente le projet devant les décideurs de la région de Québec et obtient un financement. Forum jeunesse demande un local à la polyvalente Saint-Aubin pour faire de l'intervention ce qui est plutôt rare à l'époque. Un mémoire de plusieurs intervenants jeunesse appelé "Coalition Jeunesse Charlevoix" est déposé au Conseil permanent de la Jeunesse et est remarqué par les instances gouvernementales.

Toujours près des jeunes, il est intervenant en décrochage scolaire sous le slogan ''l'école avant tout'' financé à 70% par Forum Jeunesse et 30% par la Commission scolaire. C'était une approche individuelle pour garder les jeunes à l'école. On est alors en 1991. Débute pour Rémi une autre implication qui sera déterminante. Pendant 17 ans il fait du théâtre avec les jeunes de la Poly à raison de 30 semaines par années,  2 fois par semaine pour créer un spectacle à partir de 0. Avec les jeunes il participe à de nombreux festivals.

Toujours aussi recherché pour ses qualités de développeur, il travaille à un projet de ferme internationale à la Ferme Fillion devenue l'hôtel La Ferme. l'Union des producteurs agricoles est partie prenante du projet. Dans ce cadre, il y a une mission en France avec Jacinthe Simard, mairesse, Jacinthe Gagnon et Pierre Nicolas Girard de l'UPA. Ils font 3500 kilomètres en quelques jours pour visiter des fermes et faire des rencontres. En raison du jumelage avec Jonzac, dont le maire est sénateur, madame Simard se retrouve très tard le soir assise dans le siège du président du Sénat à l'Assemblée Nationale. Le dossier se rend au seuil de la réalisation. Un diaporama sur le voyage est présenté et un cahier de charge est prêt pour accueillir des groupes. Le dossier est présenté en 1998 à Daniel Gauthier qui siège alors au CA du Balcon Vert. Terre du Monde est créé pour acquérir la ferme et faire le projet. Louis-Philippe Fillion, propriétaire de la ferme, se retire du projet et ne veut plus vendre. C'est un peu la consternation. Un autre destin plus brûlant attend malheureusement ce beau bâtiment.

Vers 1996, devant le refus de l'association touristique de l'époque, la Chambre de Commerce de Charlevoix-Ouest décide d'implanter un centre d'information touristique dans la côte Saint-Antoine. Rémi est embauché comme coordonnateur à l'implantation. Il mène le projet à terme et le centre existe toujours et reçoit des milliers de visiteurs chaque année.

Le prochain chapitre est Animation Baie-Saint-Paul. Rémi ayant toujours un projet dans sa besace, récidive avec une initiative ayant comme objectif d'animer le milieu et plus particulièrement le centre-ville de Baie-Saint-Paul. Parallèlement, un secteur de la ville mérite d'être mieux protégé, c'est pour ça qu'est créée la Société de mise en valeur du Boisé du Quai. Madame Simard est aussi de ce projet, car on peut dire sans se tromper que Rémi est son homme de confiance. Lorsqu'elle tentera sa chance en politique provinciale, Rémi sera à ses côtés. Finalement, le boisé obtient un statut de parc municipal, ce qui assurera sa préservation. Habitat o7 s'y installe. Plusieurs étudiants ont travaillé l'été au boisé sous la direction de Rémi. Le dernier qui y a passé est un certain Clément Turgeon qui n'était pas encore festif! Plusieurs fêtes du Boisé sont organisées ciblant particulièrement les familles. Rémi demeure associé à ce dossier jusqu'en 2006. Il en profite pour créer et coordonner à titre d'adjoint la table des événements touristiques de Charlevoix pour le compte de l'ATR. De façon inhabituelle il a un bureau â La Malbaie.

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Le Centre d'études collégiales en Charlevoix, qui collabore avec monsieur Francis Cabot qui finance le projet, veut créer une trousse pédagogique sur le patrimoine charlevoisien pour les jeunes du 2e cycle du primaire. L'institution collégiale fait appel à Rémi et son bon ami Claude Lemay pour développer l'outil pédagogique. La trousse est utilisée pendant quelque temps dans certaines écoles de Charlevoix. Il s'agissait d'un projet avant-gardiste basé sur l'approche par compétence qui mériterait d'être relancé.

Parallèlement avec des amis (Riccio, Poulin) il crée le Fond des mots, un genre d'ancêtre du Cabaret Festif! de la relève. Les gagnants se méritaient l'enregistrement d'un démo dans les studios d'Yvon Bouchard à Clermont. Cette activité se tient pendant 7 ans.

De 2007 à 2016, notre hyperactive personnalité se dépose un peu en passant 8 ans à la direction générale de la Fondation de l'Hôpital de Baie-Saint-Paul. Sa plus grande fierté à ce titre est la mise en place de fonds dédiés (jeunes, personnes âgées, équipements, etc.), ce qui signifie que les donateurs peuvent choisir la cause particulière à laquelle ils veulent contribuer. En 2016, les visions de Rémi et son conseil d'administration ne concordent plus et s'en suit une séparation professionnelle qui permet à Rémi de retourner au communautaire, au développement local et à la création d'un nouveau projet. Il pilote le transfert des activités du Balcon Vert à l'Auberge des Balcons. Rémi dirige l'organisme depuis 3 ans à l'intérieur de Maison Mère. Un grand défi que cette auberge avec plus de 50 taies d'oreillers comme ils les calculent. L'Auberge grandit chaque année, le bouche-à-oreille fait son oeuvre. Malgré certaines difficultés, l'optimisme est de mise et l'avenir est plein de promesses pour l'avenir.

Je ne pouvais terminer ce texte sans parler de golf. Je me suis toujours demandé que faisait Rémi dans le monde du golf en tant qu'excellent joueur en plus. Il m'a donné des explications intéressantes.

De l'âge de 13 à 15 ans, il est caddie au Royal Québec près de chez lui à Beauport. Il commence à jouer à 5 heures le matin avant sa journée de travail. Il remporte même le championnat des caddies, ce que peut constituer une détection précoce de son talent de golfeur. S'en suit une pause d'une trentaine d'années jusqu'à ce que Alain Turcotte lui demande de se joindre à lui qui veut s'essayer à ce sport.

[caption id="attachment_68543" align="aligncenter" width="810"]Alain Turcotte et Rémi Couture Photo courtoisie: Alain Turcotte et Rémi Couture[/caption]

Il attrape la piqûre et ne cessera plus de jouer. Il termine ses journées sur le terrain, car pour être bon et compétitif il faut pratiquer beaucoup. Ce qui fait qu'il se retrouve aujourd'hui dans la classe AA avec un handicap entre 7 et 8. Il gagne régulièrement des tournois, il est invité à jouer ceux du Murray Bay, ce qu'il fait 3 ou 4 fois par année. Il est champion du Loup à Baie-Saint-Paul depuis 2018. Pour l'anecdote, pour ceux qui pensent que pour être bon, on a besoin des bâtons de la dernière technologie et des balles à 12$, sachez que Rémi a un vieux sac de bâtons dépareillés avec un bois 5 datant d'une quarantaine d'années et de vielles balles usagées. Il est vu comme un peu étrange par certains de ses compagnons dans les tournois.

Tout un parcours que celui de Rémi, je suis fatigué et essoufflé juste à l'écrire. Il a joué un rôle important dans le développement social, communautaire et local de Baie-Saint-Paul. Il aime tant sa patrie d'adoption qu'il ne cesse de vouloir la dynamiser. Il fait partie de la fin de cette vague de hippies qui chillait au Mouton Noir et au Balcon Vert et qui ont explosé au sein du Cirque du Soleil et dont Rémi constitue le chaînon qui a permis l'éclosion de projets porteurs comme le Festif! Peut-on penser que l'Auberge des Balcons est son chant du cygne. Je crois que si la santé est bonne on a pas fini d'entendre parler de lui et comme il le dit à chaque fois ou presque qu'une idée de projet se présente à lui, il se sent responsable de la réaliser. On pourra peut-être voir bientôt qu'il s'est RÉMI à la tâche pour un projet, une activité culturelle ou un exploit sportif.

 

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