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Mgr Félix-Antoine Savard homme de lettre même dans son auto

28 mai 2021 4 minutes 344 vues

Mgr Félix-Antoine Savard homme de lettre même dans son auto

Tout le monde a entendu parler de Mgr Félix-Antoine Savard. Il est tellement reconnu que la bibliothèque de l'Université Laval porte son nom, un traversier aussi, une école à La Malbaie et plusieurs rues un peu partout au Québec. Il y eut l'homme de réalisations comme écrivain, fondateur de la Papeterie Saint-Gilles et curé de Clermont. Mais dans Charlevoix où il fut curé à compter de 1935, lorsqu'il a fondé la paroisse de Saint-Philippe de Clermont, des informations et témoignages circulent encore de personnes de moins en moins nombreuses qu'ils l'ont connu.

J'ai vécu en co-location avec 7 prêtres au Collège Saint-Anne de La Pocatière. Bien sûr chacun avait sa chambre qui était en fait de vrais appartements. Quand je mangeais à la cafétéria des prêtres, je lisais un livre qui se trouvait là à disposition. C'était le répertoire des prêtres du diocèse de La Pocatière des années 20 aux années 70. Il y avait là dedans pas mal de chanoines et de monseigneurs. J'ai toujours pensé que pour être monseigneur il fallait avoir été ou être évêque. Hé bien non, intrigué j'ai interrogé un de mes amis abbé qui m'a dit sans ambages qu'il fallait acheter ces titres de ''noblesse''. Monseigneur était plus cher que chanoine, bien sûr.

Donc Mgr Savard n'avait jamais été évêque. Saguenéen d'origine avec sûrement des ancêtres charlevoisiens, il a pu faire de bonnes études littéraires et théologiques. Il fut d'abord vicaire à Saint-Agnès et La Malbaie avant d'ériger la paroisse Saint-Philippe. Il fut très actif dans le monde du syndicalisme, notamment auprès des ouvriers du moulin de Clermont comme on l'appelait à l'époque. Le syndicat est né en 1935, la même année où il posait ses pénates sur la rue des érables. Il était nationaliste et aurait sûrement été indépendantiste de nos jours. Son roman le plus célèbre, Menaud Maître Draveur, comportait de fortes allusions à l'exploitation des canadiens-français par les anglais. J'ai lu Menaud il y a très longtemps mais j'en ai encore un vif souvenir dans ma mémoire. Joson qui s'est noyé, la drave et surtout Main Sale où ma famille avait un chalet. Quand j'y étais, c'était comme si j'habitais le roman, je pouvais l'imager dans ma tête ce qui démontrait sa très grande force d'évocation.

[caption id="attachment_80837" align="alignnone" width="401"]Encyclobec Encyclobec[/caption]

Il a été curé de Clermont pendant 6 ans étant associé à la création du syndicat de la Donohue et d'autres luttes ouvrières. Les mauvaises langues racontent que comme plusieurs ecclésiastiques de l'époque, il avait la claque facile. Il fallait bien se tenir devant ces hommes qui étaient pratiquement tout puissants à l'époque, surtout un homme avec cette stature. D'autres rumeurs plus sourdes et souterraines sont parfois évoquées rien n'indique que ce soit plus que du radotage.

En 1941, il est devenu professeur à l'université Laval et plus tard, doyen de la faculté de lettres. Il a continué de publier des romans dont l'Abattis qui est aussi bien connu. Il reçoit plusieurs prix et récompenses pour ses oeuvres. Il a laissé une marque suffisante à l'université pour qu'on nomme la pavillon de la bibliothèque en son nom. Quand j'y étudiais l'année de son décès en 1982, j'avais une certaine fierté charlevoisienne de fréquenter ce haut lieu du savoir. Il avait assez aimé Charlevoix pour y revenir à sa retraite et fonder la papeterie Saint-Gilles, fleuron des économusées près de 50 ans plus tard.

Il était tellement homme de lettre que cela me rappelle une anecdote que mon beau-père Gérard Tremblay ne se lassait jamais de raconter. Un jour dans le village de St-Jos, son véhicule entra en collision avec celui de Mgr Savard. Après enquête diligente, il fut établi que Mgr Savard était distrait parce qu'il lisait un roman au volant. C'était probablement l'ancêtre du texto, mais cela avait pas mal fâché mon beau-père qui allait jusqu'à la traiter de vieux cr.....

Monseigneur_Félix-Antoine_Savard_(1896-1982)

Il fut de la dernière génération des religieux qui étaient les élites du Québec et qui l'on bâti de leur façon parfois très engagée socialement et politiquement comme Mgr Savard. Sa mémoire nous entoure sans qu'on y prête plus ou moins attention, il fut une figure marquante de Charlevoix même si la majorité de sa carrière se soit passée à Québec.

Plusieurs lieux ou bâtiments portent son nom. Des rues, un bateau, une école, une bibliothèque et autres commémorent sa mémoire. Il siège au panthéon des grands Charlevoisiens avec Alexis Lapointe, Jean-Baptiste Grenon, Laure Conan, Olivar Asselin, Jean-Charles Harvey et autres.

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