RECRUTEMENT La ferme A ciel sur la mer

Rencontrez la doyenne de Cap-à-l'Aigle, Madame Claire Bherer

10 mars 2022 4 minutes 2664 vues

Rencontrez la doyenne de Cap-à-l'Aigle, Madame Claire Bherer

Qui ne connaît pas Cap-à-l’Aigle, paisible village longeant le fleuve et lieu de villégiature depuis plus d’un siècle. Ses résidents ont accueilli de nombreux touristes, parfois venus de très loin, dans leurs belles maisons souvent centenaires. Une de ces maisons appartenait autrefois à Monsieur Ansiac Bherer, Allemand venu à La Malbaie il y a plusieurs générations. Cette maison est maintenant habitée par sa descendante Madame Claire Bherer que j’ai eu le plaisir de rencontrer le temps d’un après-midi. Les nombreuses anecdotes de vie de Mme Bherer ne pourraient être racontées en un seul article, néanmoins voici un portrait de cette femme animée qui détient le vécu et la sagesse de 95 années!


Le premier ancêtre de Madame Claire arrivé à La Malbaie, Monsieur Ansiac, s’était fait donner une terre par le Seigneur Malcolm Fraser pour venir travailler sur le continent. La maison qu’il se construit, dans laquelle ont habité les 3 générations suivantes, à toujours accueillie la villégiature venant des grandes villes qui n’avaient qu’un désir, se reposer, prendre l’air frais du village de Cap-à-l’Aigle. De génération en génération, les descendants de cet ancêtre allemand continuent de louer les chambres de cette maison remplie d’histoire qui étaient autrefois au nombre de 7. Les parents de Madame Bherer n’ont pas échappé à la tradition: tout en pratiquant leur emploi respectif, la famille Bherer opérait leur Bed and breakfast réputé.


Photo de la maison de Madame Claire, des touristes contemplant la vue

Le père de Madame Claire, Monsieur Honoré Bherer, conduisait les touristes descendus des fameux bateaux blancs de l’époque en calèche dans la ville. La mère de Claire Bherer venait de Québec, il s’agissait d’une femme très avant-gardiste pour son temps. Cette dernière reprit le bureau de poste à Cap-à-l’Aigle en 1913 qui appartenait autrefois à Thomas Bouchard, le grand-père de Claire, tout en s’occupant de sa famille et de leur entreprise familiale. Elle prit sa retraite en 1968 et c’est sa fille, Claire, qui reprit non seulement le bureau de poste jusqu’en 1994, mais l’entreprise familiale également. Cependant, avant de poursuivre le travail de sa famille, la jeune Claire Bherer vécut plusieurs autres expériences.


Commentaires de touristes venus de New York en 1938

Chez les Bherer, l’éducation a toujours été une priorité. Claire et ses frères et soeurs ont tous entrepris des études qui avaient lieu au pensionnat à La Malbaie. Plus de 80 étudiantes se trouvaient dans la résidence, Madame Claire était très impatiente de voler de ses propres ailes à ce moment. À la fin de ses études, elle reçoit un appel de sa cousine de Montréal lui demandant de venir garder ses enfants comme elle avait besoin d’aide avec son horaire chargé. Madame Bherer se rend donc en train dans la grande métropole accompagnée de deux de ses cousins et cousines et c’est le début d’une nouvelle aventure. À Montréal, la jeune Claire aimait beaucoup sortir avec des amies et profiter de la ville. Jusqu’au jour où elle reçoit un appel de sa mère qui lui disait qu’on recherchait une employée pour pourvoir un poste en assurance chômage. Claire Bherer n’avait jamais vraiment travaillé, la nervosité commençait à se faire sentir, mais sa mère l’encouragea à se faire confiance. Une autre fois, une nouvelle aventure attendait la jeune Claire.


Grange qui accueillait autrefois tous les animaux de la ferme

À son retour, Madame Claire est revenue dans sa maison d’enfance auprès de sa famille et se rendait à son nouveau travail en autobus. C’est d’ailleurs en marchant tout bonnement sur le trottoir qu’un beau jour, Madame Bherer rencontre celui qui allait être son futur mari, Monsieur Jacques Villeneuve. Avant de se marier, le couple a vécu bien des surprises, mais l’amour était bien présent. Ils s’écrivaient pratiquement chaque jour de la semaine lorsqu’ils ne se voyaient pas. En septembre 1959, ils se marient et Monsieur Villeneuve emménage avec sa douce pour poursuivre l’auberge avec sa femme. Ensemble, le couple eut 3 enfants.


La famille Bherer a toujours continué d’opérer leur commerce familial qui comprenait 5 chambres à louer et le petit déjeuner fait maison. Des pensionnaires de partout dans le monde sont venus visiter les magnifiques paysages de Cap-à-l’Aigle et rencontrer les Bherer. En 2017, Madame Bherer obtient même une mention spéciale du Musée de Charlevoix pour souligner les nombreuses années de villégiature dans sa maison. Cette opération s’est poursuivie jusqu’aux 90 ans de Madame Claire, que l’on peut féliciter chaleureusement pour sa dévotion et le maintien de ses racines familiales. Aujourd’hui, on ne peut dire que la petite auberge est complètement arrêtée, comme un pensionnaire français habite l’étage supérieur de la belle maison des Bherer depuis 1994. Merci à la belle Madame Claire pour son temps à nous transmettre les trésors de son vécu qui est toujours aussi intéressant.





Par Léa Asselin-Abston

Partager
Lien copié avec succès

DERY TELECOM 5 DE 9