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Samedi le chat

8 juill. 20216 minutes

Samedi le chat

Pourquoi pas un animal comme Personnalité du jour. On dirait que depuis le début de la pandémie, nos animaux de compagnie sont devenus encore plus importants. Combien voit-on de personnes, jour après jour, marcher avec leur chien pour le plus grand bien de leurs santés communes ? Étant plus présents à la maison, nous avons parfois vécu plus proche de nos chats et chiens et autres animaux domestiques. C'est connu, les humains aiment les animaux, ils sont une source d'affection et de réconfort quasi essentiels. Quand ça ne va pas, quoi de mieux que de coller son animal préféré qui donne de l'amour inconditionnellement. On dirait qu'avec l'évolution, un phénomène darwinien se produit et que nos compagnons canins ou félins deviennent plus intelligents ou encore nous le remarquons plus. Contrairement aux anciens dogmes qui disaient que les animaux ne possédaient que de l'instinct sans âme ni intelligence, nous constatons que c'est faux et que très souvent ils communiquent efficacement avec l'humain dans leur propre langage. D'ailleurs on dit que le chat n'utilise le miaulement que pour communiquer avec l'humain. Les jappements des chiens varient en fonction de ce qu'ils ont à communiquer, même les oiseaux comme les perroquets en ont long à dire. Chaque animal de compagnie a sa personnalité.


Je vais donc vous parler de Samedi, mon chat. Pourquoi un nom si bizarre? Seulement parce qu'ELLE devait s'appeler Sandy à cause de sa couleur sable blond, mais finalement c'était un LUI donc j'ai adapté le nom. Je l'ai adopté à La Pocatière en juin 2011, il avait 6 semaines. Une toute petite boule de poil pour me tenir compagnie sur la rive sud où je travaillais, ma maison et ma femme étant à La Malbaie. Il a une particularité physique. Étant jeune, il a eu une infection à une oreille et elle est restée baissée, ce qui lui donne une allure spéciale. Samedi a longtemps été un chat d'intérieur et il a commencé à courir la galipote (même opéré) qu'à l'âge de 6 ans. Ce qu'il aime le plus, c'est de se coucher sur mes jambes quand j'écoute la télé. Avant Samedi j'avais essayé une souris blanche et une Gerbille, mais la relation était moins approfondie. Un soir, des étudiants en santé animale avaient organisé des courses de souris et de rats. J'étais allé avec ma souris pour la faire compétitionner, mais elle avait un gros manque d'entraînement n'ayant que sa roue dans sa cage pour se préparer à affronter de gros rats. Les profs de santé animale étaient pas fiers de leur directeur de participer à ces Olympiques animales.



Samedi a déménagé souvent, dans notre dernier logement à La Pocatière à l'intérieur du Collège Sainte-Anne il avait de l'espace, il pouvait relaxer au son de l'orgue de la grande chapelle situé sous notre plancher. Il était en lieux saints. De temps à autre j'accueillais une de ses congénères en pension et comme je m'absentais souvent, il allait régulièrement en pension chez Corrine Fortin sur la 12e avenue. Il n'est pas un ronronneux, il lui arrive parfois de faire ce son caractéristique du chat heureux, mais c'est seulement s'il a des crises d'amour. Mais c'est un frotteur et un colleux, Il se frotte constamment les moustaches sur mes jambes surtout lorsque je reviens du travail. Il a plusieurs comportements canins, dont celui de me suivre partout. Je me déplace, il se déplace, sauf quand il dort ce qu'il fait allégrement surtout l'après-midi. Il est très affectueux avec tout le monde sans discrimination, il n'a aucune peur des humains. Tout le monde est le bienvenu chez moi.....et chez lui. En 2015, nous sommes déménagés à Gatineau. Un long trajet en automobile pour un chat en cage. C'est pourquoi je le laissais libre dans l'auto, il venait se coucher dans ma nuque pour bien voir le paysage. Oui je sais, c'était imprudent.



À la deuxième année à Gatineau, mon coloc m'a indiqué que Samedi n’a pas filé de la fin de semaine pendant laquelle j'étais venu à La Malbaie. Je me suis rendu à la clinique vétérinaire Taché, un endroit exceptionnel, où on a diagnostiqué un blocage urinaire qui nécessitait une chirurgie à 2000$. J'avais une des pires décisions de ma vie à prendre, soit je payais sans garantie de succès, soit c'était l'euthanasie. J'étais déchiré, car dans mes valeurs héritées de l'enfance, ça ne se faisait pas dépenser autant d'argent pour un animal et de l'autre côté j'étais terriblement attaché à Samedi qui était un vrai ami. Finalement j'ai choisi de le faire opérer. La vétérinaire me dit qu'elle va essayer une dernière fois de le débloquer et elle a réussi. Quel soulagement! Samedi a retrouvé la santé.


Par contre, un chat, ça possède des griffes et c'est souvent tannant. À Gatineau, je lui faisais installer des Soft Paws qui sont de petits capuchons en plastique qu'on met sur les griffres et qu'on colle. Mais combien de paires de bottes et de souliers il m'a écorchées et même encore aujourd'hui, car des soft paws il ne semble pas en avoir dans Charlevoix et pas question de le faire dégriffer, car ce type d'opération n'est presque plus pratiquée par les vétérinaires, car trop cruel. En 2017, nous sommes de retour dans notre raison à La Malbaie, une autre adaptation pour Samedi qui va toujours bien du moment que je suis là. Samedi sait à quelle heure je me lève (5h) et quand je dépasse mon heure, je reçois de petits coups de griffe dans le dos qui m'oblige à l'écouter. C'est l'heure des minouches ou des petites gâteries 2 fois par jour. J'ai du diminuer les portions parce qu'il vomissait beaucoup, j'étais trop généreux, d'ailleurs il a pris du poids.


Il a apprivoisé l'extérieur. Lui qui n'avait rareement mis la patte sur le sol extérieur peut maintenant partir plusieurs heures, de jour comme de nuit, pour défendre notre territoire. Une seule bataille en 4 ans, ce n’est pas si mal, mais j'ai eu de la difficulté à le ramener à la maison dans son traumatisme. On dit que les chats qui vont dehors ont une espérance de vie beaucoup plus courte, en tout cas ils ne manquent pas de nourriture avec tous les mulots et oiseaux que Samedi nous ramène en cadeau. À 10 ans, il tient la forme et est moins joueur qu’auparavant, mais tout aussi canin dans son rapport avec moi, son meilleur ami. J'aime les animaux depuis ma tendre enfance, ils sont très importants pour moi, même si j'ai eu plusieurs chiens et chiennes que j'ai aussi profondément aimés, j'ai découvert que le chat n'est pas un animal aussi indépendant qu'on le dit et lorsqu'on s'en occupe on peut développer des liens très puissants avec cet animal domestiqué par l'homme depuis plus de 5000 ans. Lorsque Samedi va partir, je vais être triste, j'aurai plein de beaux souvenirs à conserver. Je suis sûr que vous aussi avez des liens forts avec vos animaux domestiques et qu'ils sont davantage développés avec la pandémie.

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