Secrets d’ici | Maison Paul Desbiens | 9/33
Jeu. 14 novembre 2024 3 minutes
Par Serge Gauthier et Christian Harvey
Maison ronde de Paul Desbiens (La Malbaie)
Paul Desbiens conduit un vaisseau spatial ! Ce n’est pas un secret.
Il faut le croire. Ce n’est pas une maison. Il dit que c’est un bateau de l’espace, presque une soucoupe volante ; sans doute un véritable vaisseau spatial ! Il dit aussi s’inspirer du Moyen Âge, époque où il y avait des châteaux.
Cette maison surprenante a été construite par son propriétaire. Avec ses seules ressources financières ; elle est le fruit de son imagination. Ce ne fut pas facile. Nous lui en avons parlé et il nous a permis de la visiter.
Au début de la construction de cette maison, il travaillait partout au Québec, ainsi qu’aux États-Unis ; il se débrouillait pour trouver de l’argent. En effet, pas question d’obtenir un prêt à la banque ou à une caisse populaire pour son projet de maison ! Pensez-y, une maison en forme de boule, quelle valeur financière cela aurait ?
Peu importait pour Paul Desbiens, il s’en tenait à ses rêves, et tant pis pour le reste…
Il avait en tête des images de science-fiction. Dans les bandes dessinées, il y avait des personnages plus grands que nature ; c’était bien avant les films Marvel et la grande popularité des superhéros. Mais il y avait aussi, dans les films, des personnages venus d’ailleurs, de Mars, et peut-être même de plus loin. De fait, l’intérieur de la maison de Paul Desbiens peut évoquer des images de films comme 2001 : l’Odyssée de l’espace et Orange mécanique du réalisateur Stanley Kubrick.
La boule a été construite en fibre de verre. Il faisait venir ce matériau des États-Unis en grande quantité. C’était au début des années 1970. Pour meubler cet intérieur très spécial, il a dû déployer des trésors d’imagination ! En effet, ce n’est pas si facile de meubler une demeure ronde. Il lui a fallu adapter les meubles, créer des pièces au caractère unique. Sa cuisine est un modèle d’adaptabilité. Tout s’y insère parfaitement.
La salle de bain comporte une douche vitrée en rond. Aujourd’hui, cela semble ordinaire ; mais dans les années 1970, ça n’existait pas ! Un bon jour, Paul Desbiens a vu ce type de douche dans les catalogues de vente, mais il en possédait déjà une depuis longtemps…
L’escalier étonne. Fait de tables rondes peintes en rouge, il serpente jusqu’à un étage supérieur, mais sans rampe évidente. Il faut donc s’agripper en montant cet escalier un peu spécial lorsque l’on est un néophyte.
En haut, les chambres gardent leurs secrets. Tout semble s’apparenter à une esthétique un peu autochtone. Il y a des lames, des couteaux, de la fourrure ; tout est éclaté. Mais on s’y sent bien. Les jeux de miroirs s’entrecroisent et notre regard se perd dans les reflets. Voit-on vraiment tout ce qu’il faut voir ? On ne sait pas trop !
Paul Desbiens admet s’être bien amusé en complexifiant les formes, en se construisant un bâtiment sans âge, mais très en avance sur son temps. Est-il fier de ce qu’il a fait ? Oui, c’est évident. Qu’est-ce qu’il attend ? Peut-être que son vaisseau spatial prenne sa place dans un autre espace ? Peut-être qu’il pourra s’envoler ? Qui sait ?
L’impossible, ça n’existe pas, avec Paul Desbiens, car il sait le réaliser et le rendre réel à notre regard.