Josette McNicoll septembre

Visiter la Mongolie de l'intérieur pour des coeurs nomades charlevoisiens

7 juin 2022 5 minutes 442 vues

Visiter la Mongolie de l'intérieur pour des coeurs nomades charlevoisiens

Quelle est la différence entre le rang des colons de Saint-Aimé-des-Lacs et la Mongolie? Il n’y en a pas, dans les cas les gens habitent dans des maisons rondes. Quand Charles Roberge s’est lancé dans la construction d’une maison ronde dans un rang abandonné de l’arrière-pays, il avait vaguement en tête le modèle des yourtes mongoles, totalement inconnues à l’époque et devenues très tendance aujourd’hui.


Après plusieurs voyages de découvertes hors des sentiers battus, Charles et sa conjointe Johanne Leduc rêvaient d’un dépaysement encore plus grand que l’extrémité sud de l’Amérique ou les contreforts de l’Himalaya qu’ils avaient visités dans les années précédentes. Un pays méconnu et encore peu envahi par la culture occidentale s’est lentement imposé dans leurs esprits. Charles s’intéresse depuis longtemps aux réalités altérées que peuvent atteindre les chamans dans de nombreuses cultures traditionnelles. Or, il s’avère que les Mongols ont une longue tradition de chamanisme. Le plus connu de tous les Mongols est Chenchis Khan le conquérant d’une grande partie du monde connu à son époque. On dit que les chamans ont joué un rôle dans ses conquêtes, mais c’étaient des sorciers qui avaient choisi le mauvais côté de la force. Ce n’est pas eux que nos voyageurs espèrent rencontrer, mais bien ceux qui guérissent et qui font le bien à l’aide des forces de la nature.



En septembre 2019, 2 Charlevoisiennes, 1 Charlevoisien et une fille de Québec prennent l’avion pour Beijing en transit vers Oulan Bator. La capitale de la Mongolie, à l’ombre d’une centrale nucléaire est très polluée, l’idylle ne pourra pas commencer immédiatement. De plus, Poutine est en ville, peut-être déjà en train de penser à l’invasion de l’Ukraine. Charles, Joanne, Ariane (fille de Charles) et Loulou rencontrent leur guide Oyunaa et leur chauffeur qui les accompagneront pour tous leurs séjours. La guide parle français, mais pas Jack le chauffeur fait comme s’il le parlait et ses interlocuteurs font comme s’ils comprenaient et de façon surprenante ça fonctionne et le courant de la compréhension passe. Après la capitale, le groupe de 6 prend la route des sables puisque le sud de la Mongolie est en grande partie désertique. La yourte traditionnelle leur servira majoritairement d’habitation que ce soit chez les nomades eux-mêmes ou des installations plus touristiques. Il n’y a pas beaucoup de routes pavées et beaucoup de pistes. Les voyageurs se font brasser malgré les efforts de Jack pour éviter les trous. Le dépaysement commence plus sérieusement dans le désert de Gobi. C’est le royaume des chèvres, des chameaux, des chevaux et des moutons. D’ailleurs ce dernier animal est la principale source d’alimentation, on le mange vieux et bouilli le tout accompagné d’une bonne tasse de lait de jument fermenté. Par contre, le beurre de yack est savoureux et le thé salé et beurré coule à flots. Comme beaucoup de peuples ou la culture sont en voie de disparition, l’alcoolisme est un fléau et Charles et le groupe auront l’occasion de rencontrer un Mongol empestant la tonne.



Il y a beaucoup de conversation sur différent sujet avec les gens de place comme le système de santé, l’éducation ou la religion. 30% de la population est toujours nomade démontant et remontant les yourtes malgré leur complexité de construction. Espérons que Charles ne se mettra pas en tête de démonter la maison ronde pour devenir nomade. Le bouddhisme a remplacé l’animisme du passé lorsque les soldats sont devenus moines jusqu’à ce que 10% de la population se soient convertis en religieux il y a quelques décennies.


Les sites naturels sont au cœur du voyage. Le fondateur des Hautes Gorges de la Rivière Malbaie demeure un amant de la nature avec une approche spirituelle et cosmique. La nature façonne l’homme dans la ZEC des Martres ou au sommet d’un volcan mongol, la connexion avec la terre mère est une des seules vérités qui, malheureusement, se perd. Aller en Mongolie pour retrouver ce lien était un des buts du voyage. Les forêts du nord du pays offrent une tout autre expérience de même que les lacs immenses, plus proches de notre réalité.



Le voyage de Charles, Ariane, Joanne et Loulou restera gravé dans leur être. C’était comme visiter les derniers vrais nomades de l’humanité et de vivre avec eux la vie simple rythmée par une nature pas toujours généreuse, mais où l’animal occupe une place essentielle de la vie. Sans viande, sans lait, sans beurre, pas de nomades.


Jack, Charles, Ariane, Joanne, Loulou, Oyunaa

Charles ne veut pas que cette expérience transcendante se perde. Grâce à ses notes, prises méticuleusement, il se lance dans l’écriture d’un livre. Il s’adresse à la Société d’Histoire de Charlevoix et aux Éditions Charlevoix pour publier ses écrits. Il en sort un magnifique volume avec photos couleur qui se lit, je dirais qui se déguste comme un plat élaboré et superbement épicé.


Charles a reçu une appréciation enthousiaste du consul de la Mongolie au Canada et la garantie que l’ambassadeur serait mis au courant de la sortie du livre. Déjà la France et la Belgique démontrent de l’intérêt. Le livre peut s’avérer comme l’initiation idéale pour quelqu’un qui désire visiter le pays des sables qui chantent.


Le livre ''Mongolie, un fabuleux voyage au pays des sables qui chantent'' est en vente à la librairie Baie-Saint-Paul, chez Tou et cie, à la Société d'histoire. Il est aussi possible de le commander en ligne sur le site de la Société d'histoire et dans toutes les bonnes librairies.


Tiré de la conférence Charles Roberge, le 2 juin 2022

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