A chacun son pain
COVID

David contre Goliath (Suite et Fin???)

4 juin 20214 minutes

David contre Goliath (Suite et Fin???)

Après sa victoire contre la Régie des alcools et des jeux, notre chroniqueur n'était pas au bout de ses peines et il nous livre la conclusion de cette saga pour ouvrir une entreprise 3.0 à La Malbaie, Charlevoix, Québec, Canada.


J'ai appris par la suite que je devais quand même défendre mes contraventions au civil, que la RACJ est une entité indépendante. J'ai donc dû me présenter au palais de justice plusieurs fois pour contester mes infractions. J'avais déjà été jugé non coupable, les problèmes de permis occasionnant ces infractions était réglé depuis, je pensais c'était juste une simple procédure. Mais non, sur 5 infractions, j'ai été jugé coupable pour 3. Continue à payer le clown! Je pensais pas que c'était possible d'être jugé coupable et non coupable pour une même infraction. J'ai toujours pas compris. Surprenant non!


Quelques jours plus tard, environ 1 mois après l'aménagement de ma cuisine du restaurant toute neuve; stainless, plancher en céramique, hotte commerciale, four au propane, friteuse, tout le tralala, je reçois l'appel de la personne à ville avec qui je tentais depuis si longtemps d'avoir un permis bar. Elle m'annonce qu'elle a sûrement trouvé une solution possible. Vu que je suis classé comme un hôtel et que moins de 30% de la superficie est occupé par le bar. J'ai le droit. Je ris jaune un peu dans ma barbe. Je viens juste d'investir 60 000$ dans ma cuisine, je viens juste de régler mes problèmes avec la RACJ, j'ai failli tout perdre et maintenant que tout est réglé, c'est là tu m'en parles. Reste que c'était une bonne nouvelle, mieux vaut tard que jamais. L'effort était apprécié. C'était le dernier véritable obstacle administratif pour pouvoir opérer mon auberge sans être criminel. Je rappelle la RACJ ( lolol oui oui je vous entends rire (ou sacrer) à voie haute) pour ma demande de permis bar. Je rappelle la supérieure avec qui je m'étais obstiné pour le piano. Je lui demande de continuer de s'occuper de mon dossier jusqu'au bout, que je veux pu de niaisage cette fois-là. Je lui envoie par courriel le verdict du juge de la dernière saga pour être sure qu'elle comprenne. Comme pour le stationnement, il a fallait quand même que ma demande de permis passe dans le journal 2 fois, et si 10 citoyens contestent, c'est à l'eau. Un autre 2-3 mois à rouler l'auberge entre 2 permis. Personne ne conteste et j'ai finalement mon permis bar.

Auberge de Jeunesse n'est pas à vendre

Attendez, pas si simple. Je ne peux pas être les 2 permis en même temps, restauration et bar. Restauration, obliger d'avoir un repas avec facture pour boire une boisson alcoolisée. Bar, pas le droit d'avoir des mineurs. Même à 8h le matin si le bar est fermé. Mais c'est que l'auberge utilise le même espace resto-pub pour les déjeuners aussi. Je suis une auberge de JEUNESSE, je ne peux pas interdire l'accès du resto-pub aux mineurs. Impossible pour moi de choisir entre les deux, la vente d'alcool est une de mes principales sources de revenu, et la raison même d'une auberge de jeunesse à la base, c'est de recevoir des groupes de jeunes en voyage. Je refuse de prendre décision, je gère du mieux que je peux la situation. Tolérer les mineurs ou pas? Servir une bière avec un repas sans facture ou non? Je suis continuellement dans l'illégalité et en négociation avec la RACJ pour dénouer l'impasse. Les mois filent, un délai ultime arrive. Si je ne décide pas, je perds mon droit de permis bar. Mais comment décider? Comme si je vous vends une maison, pis je vous demande de choisir entre l'option chauffage l'hiver ou l'eau courante.


La seule véritable possibilité que j'eusse si je voulais garder les 2 permis, c'était de réinvestir, encore une fois, des dizaines de milers de dollars dans une verrière qu'on a construit en 2014-2015. Leur solution est toujours simple pour eux, j'ai juste à investir. Durant les travaux, ça s'éternise toujours, j'ai dépassé mes délais. Je retombais dans l'illégalité administrative pour gérer mon resto-pub. On a enfin terminé la verrière. Plus de 3 ans et demie plus tard et 5 permis d'alcool différents (Bar, resto, terrasse, spectacle, danse), mon bordel administratif prenait fin. Je pouvais opérer ma petite auberge de jeunesse tranquille, sans avoir peur à chaque instant de tout perdre. Je pouvais commencer à dédier tout mon énergie à mon entreprise, l'accueil de mes visiteurs, mes partenariats locaux, mes employés.


Je sais c'était long et pénible, mais c'est ça être entrepreneur d'une PME. C'était mon histoire. Je l'avais jamais raconté dans son entièreté. À écrire tout cela d'un seul coup, je réalises encore plus l'intensité de mon chemin de croix. Comment est-il possible de développer un dynamisme économique en région quand on fait subir ce traitement à un jeune homme entrepreneur de 26-29 ans remplie de bonnes intentions collectives? La semaine prochaine. Je veux vous exposer la morale de cette histoire et proposer quelques pistes de solution concrète pour que personne n'ait à revivre un pareil calvaire. Merci de votre patience.

Partager
Lien copié avec succés