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La saga de David contre Goliath se poursuit no. 3

19 mai 20216 minutes

La saga de David contre Goliath se poursuit no. 3
Pendant environ 1 an et demie, j'ai vécu ce bordel. La MAPAQ sur le dos qui me surveillait et m'urgeait de régler la situation au point de me suspendre mon permis. Ils me menaçaient aussi de fermer mon restaurant à cause de notre défunte mascotte, Volka. Comme la CCQ, eux aussi refusait de reconnaître le fait que j'habitais l'endroit.  Et non les moindres, les inspecteurs de police, qui sont mandatés par la RACJ, qui refusait à l'époque de reconnaitre mes fameux nachos comme un repas à coup d'amendes de 1000$ et de journées en cour. J'ai su de sources sûres que, pendant ce temps, dans un grand hôtel de Baie- St Paul, un bol d'olives était accepté comme repas. Mais pas mon nachos avec fromage, légumes et viandes. Une loi, deux mesures.

Même une fois j'ai passé en cour, ils ont fait venir un client témoin de Chicoutimi à Malbaie afin de témoigner. Il a juré sur la bible puis il a confirmé au juge pas avoir reçu de nachos avec sa bière. Une vraie joke. Ce soir-là, un problème était survenu en cuisine et je n'ai pas pu lui servir son nachos, sa bière était malheureusement déjà servie. Mon dieu! Quel sacrilège, je suis un criminel! Bien, j'ai été jugé coupable de ne pas lui avoir servi un nachos, j'ai payé l'amende et vous autres, ma gagne de payeur de taxes, vous avez payé une salle de cour, un juge, 3 agents de sécurité, un procureur, une greffière et toutes les dépenses du témoin (gaz, hôtel, restaurant, un salaire en plus pour sa journée) pour une histoire de nachos. Il a témoigné 2 minutes, il a dit 2 phrases, il m'a jamais regardé dans les yeux. Méchante belle tape d'encouragement pour partir ta business ti gars, aweille pédale!!!

Mes premiers contacts avec les policiers auront été très pénible. À leur première visite de courtoisie, ils sont venus m'avertir qu'ils me tenaient à l'œil, que je devrai avoir un agent de sécurité en tout temps comme dans les bars. Que ça brassait pas mal à Malbaie et que j'étais mieux de coopérer. Je leur ai répondu de se calmer, que le St-Hubert ou la cage au sport n'avait pas besoin d'agent de sécurité, que je n'étais pas un bar mais un petit resto-pub dans une auberge de jeunesse. Que s'il y a du monde qui veulent brasser, je les appellerai, que c'est leur job. Et que pour le reste de la gérance de l'auberge, bien que c'est ma job à moi.

Deuxième visite, ils cognent à porte, la place était fermée depuis 11h pm. Il était 12h30, c'était l'été, l'auberge était pleine à craquer. Tout le monde dort sauf moi qui nettoie la place et 3 gars qui sont arrivée depuis 15 minutes pour dormir à l'auberge. Les policiers rentrent comme si rien était. Un des 3 gars, un peu baveux je l'avoue, commence à leur demander ce qu'ils font là, que ça se fait pas rentrer de même chez le monde à cette heure là, de laisser les petites PME tranquille, etc. Il commence à filmer les policiers avec son téléphone. Le policier aime pas ça, il commence à vouloir saisir son cell, le ton monte, l'agressivité aussi, ils se bousculent un peu, 2 bancs du bar tombent par terre, ça réveille du monde. Moi, je suis là, figé, je ne peux pas croire ce qui arrive. Ils ont embarqué un des gars pour la nuit pis moi j'ai eu un ticket pour une connerie. Ils avaient écrit dans le rapport que j'étais fortement intoxiqué pour justifier leur intervention. Je n'étais pas intoxiqué, je travaillais 16h par jour depuis 1 ans, le jugement est facile.

Troisième visite, ils sont intervenus dans un 5 à 7 privé organisé par le staff du Manoir. Quatrième visite, ils ont débarqué dans un souper bénéfice marocain organisé par un groupe de jeunes femmes rayonnantes qui revenaient d'un voyage d'aide humanitaire de plusieurs semaines. Chaque fois, ils me donnaient une amende et je devais aller en cour pour des détails car le statut de mon permis d'alcool était impossible à appliquer sur le terrain.

Dans les mois qui ont suivi, ils ont tout fait pour me coincer de toutes les façons envisageables. Même si je passais mes journées à tenter de leur faire comprendre que la situation était ridicule. Qu'ils sont les seuls à pouvoir régler ce malentendu administratif. Ils ont commencé à envoyer des policiers mystères dans mon pub afin de m'espionner. Ils m'ont amené en cour 3 autres fois cette année-là. Chaque fois pour des situations ridicules conséquentes de mon problème de permis. Je devenais paranoïaque envers les clients, j'essayais de repérer ces policiers mystères en entrant; té qui? Tu viens d'où? Tu fais quoi dans le coin? Ce n'était pas le meilleur accueil disons.

Pendant ce temps-là, je faisais beaucoup de représentation envers la RACJ pour régler l'histoire des repas sans factures. J'avais encore espoir. J'endurais cette situation temporaire avec l'optimisme de régler mon permis d'alcool. Dans un monde idéal, j'aurais un permis bar, plus besoin de resto, plus besoin de 2e cuisine, tout le monde pourrait boire une bière, alléluia! C'était tellement simple et logique. Pendant 1 an, j'ai tout tenté. J'étais vraiment dans une position inconfortable. J'ai même demandé à mon père et mon frère de se faire passer pour un entrepreneur qui ouvrait une pourvoirie et qui voulait un permis alcool pour accompagner les repas des chasseurs. Je leur ai demandé de s'informer sur le statut de ce repas, d'enregistrer les conversations et de bien noté le nom des fonctionnaires, la date et l'heure de l'appel. 4 appels différents, 4 personnes différentes, 2 qui acceptent le repas sans facture et 2 autres qui les refusent, 2 fois ils ont demandé l'avis de leur supérieur. Tsé quand les lois sont floues et appliquées de façon arbitraire.

Avec le temps, J'ai bien vu que mon histoire de permis ne se règlera jamais, j'ai donc pris les choses en main. Vu que les travaux sur les étages se terminaient, j'ai commencé le déménagement de ma cuisine commune au sous-sol et rénover la cuisine de mon futur restaurant. Il me restait à peine quelques jours, j'arrivais à la fin du délai accordé par la MAPAQ. Je devais changer le plancher, les armoires, la sécurité, l'évier, tout. On venait à peine de terminer la cuisine communautaire au rez-de-chaussée. Ça sentait encore la colle sur les armoires neuves. On a tout arraché, tout recommencé pour répondre aux normes MAPAQ. Il a fallu je réemprunte 100 000$ dans une période très difficile, sans aucune certitude. Même si cela ne réglait pas plus mon problème de permis d'alcool.

SUITE DE LA SAGA LA SEMAINE PROCHAINE.......PEUT-ÊTRE BIENTÔT SUR NETFLIX
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