Josette McNicoll septembre

Le bonheur de vivre dans Charlevoix a t'il de l'avenir?

6 févr. 2022 5 minutes 1698 vues

Le bonheur de vivre dans Charlevoix a t'il de l'avenir?

Quand j’étais jeune et que je faisais mes études à Québec, je n’avais qu’un seul désir, revenir faire ma vie dans Charlevoix et non pas à Charlevoix. J’avais besoin d’un ancrage solide, car j’avais changé 3 fois d’école au primaire et 2 fois au secondaire à cause du métier de mon père qui installait la nouvelle génération de téléphonie partout au Québec dans les années 60 et 70. J’étais très attaché à mes grands-parents Gérard et Donalda et j’avais, et j’ai toujours dans mon ADN cette fibre de l’accueil des gens venant contempler notre beauté et apprécier notre art de vivre. C’est ainsi que tous les étés de 1976 à 1984, mon employeur fut le Manoir Richelieu tout comme il l’a été pour mon arrière-grand-père, ma grand-mère, mon père, moi-même et un de mes fils. 5 générations dans le tourisme. On critique l’industrie mais elle a fait vivre ma famille, pas riche, mais pas pauvre non plus. Je m’établis donc de façon autonome en appartement en 1982 à la sortie de l’université. J’ai travaillé 6 ans à la télé communautaire où j’ai eu la chance de rencontrer un très grand nombre de personnes ce qui m’a bien servi plus tard en diverses circonstances. Les premières années professionnelles ont été bien arrosées et un peu plus. Un certain soir à 3h du matin, je me suis retrouvé avec quelqu’un assis dans mon pare-brise alors qu’il était éjecté de sa mobylette. Je m’en suis tiré sans trop de conséquences parce que j’étais à La Malbaie, ce n’aurait été pas été la même chose en ville.




Heureusement les avantages ne sont pas toujours de ce type. Je n’ai jamais eu de problème à avoir un médecin de famille. J’en ai eu 3 ou 4 depuis 40 ans et je n’ai jamais eu de problèmes à avoir un rendez-vous. J’ai même parfois appelé mon médecin dans des situations d’urgence et il me répondait. On parle de Jean-Luc Dupuis. Ma relation avec lui était franche et égalitaire et j’ai beaucoup de reconnaissance pour l’encadrement qu’il m’a donné au cours des ans. Quand il est parti à la retraite, il a pris bien soin de me référer à une autre médecin. J’ai aussi eu besoin d’un psychologue avec qui j’ai travaillé sur moi pendant 20 ans. Par des groupes de croissances, j’ai connu des ami-e-s sincères avec qui j’ai beaucoup cheminé. Tout est plus facile en région, il me semble, et j’ai vécu à peu près la même chose pendant mes 8 années à La Pocatière.




Lorsqu’on va quelque part, on reconnaît des gens, on se salue, c’est chaleureux. Ton voisin et ta famille sont souvent prêts à te donner un coup de main. Nous sommes très bien servis en information régionale par la radio et le journal. Mais le grand avantage pour plusieurs reste la nature et les paysages. Charlevoix c’est beau et pour avoir visité environ 25 pays, ça reste un des plus beaux endroits que j’ai vu. Je ne me lasse jamais de nos paysages et je les ai même contemplés 8 ans à partir de la rive sud. Souvent les attraits naturels sont localisés, mais ici c’est tout l’ensemble de la région qui est remarquable. Vivre dans cet astroblème est une bénédiction. De plus notre faible densité de population laisse de la place pour de nouveaux arrivants qui peuvent venir pour des considérations écologiques ou pour avoir une meilleure vie pour les immigrants.


Charlevoix est aussi un haut lieu de culture et pour ça il faut rendre hommage aux pionniers de Baie-Saint-Paul et du Domaine Forget qui nous ont placés sur la ‘’map’’ de l’excellence culturelle. Cette effervescence attire aussi parfois des estivants pour la musique classique, mais aussi des artistes picturaux innovateurs.



En pandémie, le télétravail est devenu possible pour plusieurs. Déjà plusieurs professionnels urbains ont commencé à s'installer dans la région, on a qu’à penser à Patrice Lavoie de Saint-Hilarion, autrefois porte-parole d’Hydro-Québec et de Loto-Québec ou Véronique Desrosiers de Featuring, entre autres. Avec l’immense capacité internet amenée par le G7 qui ne sert actuellement à pas grand-chose, il y aurait du développement. La Ville de La Malbaie a un projet, mais je le trouve très peu ambitieux et avec des échéanciers beaucoup trop longs. Je suis un partisan du ‘’big data’’, c’est-à-dire l’implantation de grands centres de données avec des centaines de serveurs qui ont besoin d’être refroidis. Avec l’eau du fleuve, nous avons tout ce qu’il faut pour mettre ça en place. Ce ne serait pas des milliers d’emplois, mais ce serait du solide et de bons salaires. L’autre projet m’apparaît manquer d’originalité et bien incertain.



Si on veut attirer dans la région, il faut aussi des logements ou des maisons et cela semble manquer cruellement. Notre qualité de vie attire de plus en plus, il faudrait faire une réflexion profonde sur notre capacité d’accueil et arrêter de nous isoler par MRC comme on le fait depuis 1870, car cela va au-delà de ça et tout Charlevoix est concerné. Profiterons-nous de nos avantages à tous les niveaux pour diversifier notre population? Est-ce qu’on pourrait perdre ce caractère familial qui nous défini ou serons-nous capables d’intégrer de nouveaux membres comme nous l’avons fait avec les Écossais vers le afin du 18e siècle? Je pense que c’est toujours possible si on va vers les nouveaux arrivants et qu’ils deviennent nos amis en évitant les ghettos. Charlevoix conserve toujours une bonne part de sa pureté sociologique de société accueillante vivant dans un environnement naturel exceptionnel. Comment mettre en valeur ces avantages pour poursuivre notre belle aventure humaine?


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Josette McNicoll septembre