Émilie Foster Vacances de la Construction

Ghislain Simard, un bourlingueur de nature

7 mai 2021 8 minutes 281 vues

Ghislain Simard, un bourlingueur de nature

Je connais Ghislain Simard depuis plus de 30 ans. J'ai pu fraterniser avec lui à Baie-Saint-Paul au tournant des années 90. Il a quitté Baie-Saint-Paul peu après pour poursuivre sa carrière ailleurs. C'est alors que j'étais directeur général du Cégep de La Pocatière que nos chemins se sont recroisés moi dans l'éducation et lui dans les médias. D'aucun se souviendront de nos débats Facebook souvent enflammés sur différents sujets. Malgré nos désaccords cela n'a jamais eu un effet néfaste sur notre relation, sachant bien, l'un et l'autre, que l'intégrité de l'être humain va bien au-delà de quelques débats d'idée. C'est le respect qui est essentiel quand on veut traiter de certains sujets plus explosifs. C'est ce que j'ai toujours eu pour Ghislain et je pense que la réciproque est vrai. Il a toujours été un homme de conviction et cela lui a même valu de ne pas pouvoir entrer à la Polyvalente du Plateau en secondaire V car on avait peur de côté subversif.

Né à Chambord au Lac-Saint-Jean avec un père ayant débuter vraiment comme porteur d'eau pour le Canadien National, à cette époque il n'avait pas pu apprendre à lire et à écrire. C'est grâce à une fille de Saint-Irénée en visite au Lac-Saint-Jean que Lionel Simard verra sa vie prendre un tournant. Marie-Ange Gauthier est enseignante dans le rang Saint-Nicolas et les deux ont convolé en justes noces. Lionel a donc repris le temps perdu avec son épouse qui en a fait son élève. Cela lui a permis de monter les échelons dans la compagnie et de devenir contremaître à Baie-Saint-Paul.

Auparavant, la famille a vécu près d'un an à Pointe-Bleue dans une maison du CN parmi le peuple innu. Ghislain s'est fait son premier ami, François Gill qui est devenu par la suite le grand chef de Mashteuiatsh  et a amené beaucoup de développement à son village. La mère de Ghislain lui a répété plusieurs de se souvenir de son premier ami.

[caption id="attachment_80656" align="alignnone" width="463"]À pointe-Bleue avec ses parents À pointe-Bleue avec ses parents[/caption]

Il s'est retrouvé à Baie-Saint-Paul au moment d'entrer à l'école. À leur arrivée, faute de logement, ils étaient logés pendant au moins un hiver dans un wagon de queue situé près de la gare. Le jeune Ghislain a fraternisé avec les employés du CNR comme on disait à l'époque. C'est aussi à ce moment que son père maintenant alphabétisé est devenu contremaître. Malheureusement, il y eu une autre enfant, une fille, qui est décédée en bas âge. La maison familiale s'est située sur la rue Saint-Gabriel dans un cul de sac où une trâlée d'enfants envahissaient la rue avec leurs jeux car il n'y avait pas grande place à aller pour les autos.

Ghislain a fait son cours classique au Collège Saint-Joseph, aujourd'hui démoli, et qui était sur le site du centre culturel Paul Médéric. Il s'est impliqué dans plusieurs activités comme le club d'échecs même s'il n'était pas un grand joueur. Son orientation s'est précisée puisqu'il éditait un journal étudiant et adorait la politique. Il a aussi organisé un ciné répertoire au cinéma Clarence.

[caption id="attachment_80657" align="alignnone" width="1024"]Démolition du Collège Saint-Joseph COURTOISIE Démolition du Collège Saint-Joseph
COURTOISIE[/caption]

Comme on l'a refusé à La Malbaie, le considérant subversif, il est retourné sur les lieux de sa naissance à Roberval pour faire son secondaire 5. Le bleuet est retourné à sa bleuetière pour quelques années puisqu'il a fait un programme en Arts et Technologie des médias à Jonquière par la suite.  Durant les vacances, à Baie-Saint-Paul il revenait travailler un peu en radio mais aussi dans le cadre du Festival folklorique il s'occupait de la présentation de films de l'Office National du film au centre d'art.

Comme beaucoup de gens de la place, il a occupé un poste à l'hôpital Sainte-Anne comme préposé de salle. Ce travail lui a appris beaucoup et surtout à relativiser la gravité des petits problèmes du quotidien en côtoyant des personnes ayant des vies pas mal plus difficiles. Il aurait pu passer sa carrière à l'hôpital mais sa formation et ses ambitions l'ont ramené dans le monde des médias comme journaliste à Baie-Saint-Paul pour CHGB 1310 La Pocatière qui était la seule radio qui couvrait Charlevoix à l'époque. D'ailleurs l'équipe inter-rives avait de grands traits charlevoisiens avec Jacques Dufour de Baie-Saint-Paul, Michel Harvey de Saint-Siméon, Gervais Desbiens de La Malbaie et Ghislain. Il collaborait aussi avec d'autres médias comme CKRT-TV de Rivière-du-Loup.

Et il a changé totalement de domaine pour se diriger la restauration, une industrie qu'il a beaucoup. Il s'est d'ailleurs perfectionné, notamment dans la connaissance. Au Mouton Noir il a vécu la transformation de bar à café bar à restaurant, passant au passage une soirée de discussion agréable avec Diane Tell et en servant des clients réguliers comme Guy Laliberté et Gilles Ste-Croix. Il s'est déplacé à Québec pour travailler un an à Québec au Clarendon où se produisait le jazzman François Bourassa fils de Robert, constamment flanqué d'un garde du corps en raison des menaces que recevaient son père. Ce fut le signe d'un retour aux sources pour Ghislain qui avait toujours sa maison à Baie-Saint-Paul. CFEL Montmagny ambitionnait de desservir Charlevoix-Ouest et c'est sur Ghislain qu'ils ont placé leurs pions. Il faisait tout : animation, nouvelles, vente etc. Il a eu une autre opportunité qu'il n'a pu refuser soit de devenir directeur général de la Chambre de Commerce de Charlevoix-Ouest au début des années 90. Il a une nouvelle offre en radio et il a laissé sa place à Dave Kidd, on connait la suite de l'histoire, ce dernier est toujours notre d'information ultime dans la région.

[caption id="attachment_80658" align="alignnone" width="545"]CFEL COURTOISIE CFEL
COURTOISIE[/caption]

Ghislain a plongé dans une vraie aventure en se retrouvant à CHME Haute Côte Nord, station opérée par les innus d'Essipit. Son mandat était de mettre en place un département des ventes et véritablement démarrer cette station qui passait de très petite radio innu à véritable radio régionale. Le directeur de la station était André Poisson de Baie-Saint-Paul. Au bout d'un an, il a si bien fait son travail que son contrat n'a pas été renouvelé mais en sachant que ses services avaient été très appréciés. Une lettre de recommandation plus qu'élogieuse lui a d'ailleurs été remise.

Un homme important dans la vie de Ghislain fut Gilles Gosselin le directeur radio du groupe Simard. Chaque fois que Ghislain se retrouvait en transition, il l'engageait. Il manquait un responsable des nouvelles à Rivière-du-Loup, le poste revenait à Ghislain temporairement parce Jean D'Amours après sa défaite électorale contre Mario Dumont est arrivé au sein du groupe Simard ce qui a donné l'occasion à Ghislain de devenir représentant publicitaire au Témiscouata, territoire que voulait développer le groupe Simard. Après un certain où il est impliqué à la Chambre de Commerce de Rivière-du-Loup, il en est devenu le DG. On est bourlingueur ou on l'est pas.

À Montmagny, superbe ville agréable, la station de radio était fermée depuis deux ans. Guy Simard et Gilles Gosselin avait l'ambition de repartir la machine radiophonique. Les locaux sont là, les gens étaient en demande d'une radio. Devinez à qui ont-ils pensé pour prendre le mandat. Ghislain Simard est devenu directeur général de CIKI Montmagny où le Morning man est Éric Bernard de Clermont. Un jeune homme de La Pocatière était identifié pour prendre la relève de Gilles Gosselin mais il a décidé d'acheter une entreprise de la place et de se lancer en affaires. Jamais il n'aurait cru qu'il allait la personne qui l'avait embauché si souvent, une véritable institution dans le monde des médias de la rive sud. Mais la retraite était venue pour lui. La relève s'imposait d'elle-même, Ghislain Simard devient le patron de CHOX FM La Pocatière et de CIKI FM Montmagny. CHOX anciennement CHGB est une icône radiophonique, une station avec une histoire très riche et au coeur des grands événements régionaux depuis des décennies, cela est une grande fierté pour Ghislain de tenir les rênes de cette voiture de collection. L'été ils ont investi dans la mise à niveau technique des deux stations et l'émission du matin est commun entre les 2 stations de 6 à 7h. Ghislain semble stabilisé, avec l'âge il bourlingue moins et M. Gosselin ne serait plus là pour le réengager.

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Ghislain est aussi un gars de bois mais pas un chasseur qu'il respecte beaucoup. Il a fait beaucoup de VTT et était impliqué au CA du club de l'Escouade. Son chien, Puce, avait son siège réservé et faisait les randonnées avec son maître.

[caption id="attachment_80663" align="alignnone" width="911"]Puce en VTT Puce en VTT[/caption]

Au-delà d la machine, c'est la découverte de l'arrière-pays et le contact avec la nature qui le motive. Aujourd'hui il préfère les sentiers pédestres et le camping sauvage dans ce qu'il considère comme une richesse, la forêt publique. Il a une conjointe depuis plus de 25 ans et ce sont tous les deux des amoureux des chiens. Il adopte d'ailleurs des animaux qui ont un mauvais de vie pour leur donner du bonheur.

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On ne peut terminer sans parler de l'année qui vient de passer. La radio régionale y a goûter sachant qu'elle a peu accès aux placements publicitaires nationaux qui sont les plus payants. Il y a donc de l'inquiétude dans l'air mais Ghislain poursuite sa mission d'offrir de la bonne radio aux gens de la Côte du Sud. Il vient de vendre la maison familiale à Saint-Irénée et il est très fier de dire que cette maison beaucoup plus que centenaire restera dans la famille Gauthier. Il n'a donc officiellement plus d'attaches dans Charlevoix, la retraite n'était pas nécessairement pour demain il ne croît pas revenir dans la région..............à moins qu'on lui fasse une offre.

 

 

 

 

 

 

 

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