Michel Bergeron

Nos anciens prêtres et leur tribulations 3

12 juil. 2022 5 minutes 702 vues

Nos anciens prêtres et leur tribulations 3

L’abbé Edmond Wilbrod Tremblay de Les Éboulements




Plusieurs prêtres furent originaires de Les Éboulements et ce dès 1843, année où naquit l’abbé Edmond-Wilbrod Tremblay. Comme le veut la condition éboulementaise, il était de deux parents Tremblay, Alexis et Léocadie. Il fit ses études dans un lieu que j’ai moi-même habité, le collège Sainte-Anne de La Pocatière, un magnifique édifice chargé de beaucoup d’histoire où les derniers survivants d’une longue lignée de religieux sont en train de couler leurs derniers jours. Comme ils étaient mes colocs j’ai pu avoir des conversations très signifiantes avec eux sur l’histoire de ce lieu de formation qui est toujours un collège privé et le Cégep de La Pocatière que j’ai dirigé.


Donc Edmond -Wilbrod est ordonné à Québec en 1869. Il retourne aussitôt à La Pocatière d’oû il pouvait contempler Les Éboulements directement en face du lieu où il enseigne la religion, la philosophie, l’Écriture sainte, les mathématiques, la physique, la chimie, l’astronomie et le dessin. IL était quelqu’un de très polyvalent. Il joua un rôle très important à La Pocatière puisqu’il fur directeur des élèves et directeur de l’école d’agriculture sûrement pas très longtemps après François Painchaud le fondateur. Au début de l’école, il y avait 4 élèves et 2 frères dont un était professeur et l’école était dans une maison ancestrale toujours en place juste à côté du Cégep.


Après 2 années comme vicaire, il est nommé curé de Saint-Fidèle où il demeure pendant 14 ans, desservant aussi Saint-Siméon et Baie-des-Rochers sur ce qui était de longues distances à l’époque. SE déplaçait-il à cheval ou en bateau, ce serait intéressant de le savoir. Il retour aux sources dans sa dernière année de vie comme curé de Les Éboulements. Il avait seulement 47 ans.


L’abbé Michel Lavoie de Petite-Rivière-Saint-François




Né en 1907 D’Ovide Lavoie et Marie Simard. IL suit le parcours classique des religieux de l’époque. Études à Chicoutimi et Québec, ordonné en 1932.


Il fait plusieurs années de sa nouvelle carrière religieuse au Saguenay et au Lac-Saint-Jean. Kénogami, Saint-Félicien, Jonquière, Grande Baie sont bénéficiaires de ses services. Il fait un bref retour à Baie-Saint-Paul en 1940-41 avant de retourner au Lac-Saint-Jean à Normandin et Saint-Ambroise avant d’être enfin nommé curé à Ferland aux pieds du petit parc de la galette. Il dessert aussi Boileau, deux paroisses aujourd’hui fusionnées si elles existent encore. Il fonde une nouvelle paroisse à Jonquière et y reste 11 ans. Sûrement que ma grand-tante Rainette Bergeron qui habitait Arvida l’a connu. Il a besoin d’une année de repos en 1964-65 pour ensuite partir vers Roberval et Saint-Jérôme toujours au Lac-Saint-Jean. À l’époque la mobilité professionnelle était une réalité. Il faut croire que pour toutes sortes de raisons il n’était pas indiqué de laisser un prêtre trop longtemps au même endroit tout comme un gérant de banque ou de grande entreprise. La ou il y a des hommes (et des femmes) il y a de l’hommerie.


Il est retraité chez les Antoniennes de Marie à Chicoutimi en 1966 avec Sœur Charlotte et Sœur Gaby, les tantes de mon épouse qui avaient la beauté de m’accueillir pour manger et dormir lorsque j’allais au Saguenay pour le travail. N’allez pas penser que je suis religieux ou grenouille de bénitier, je suis plutôt agnostique. Par contre, j’ai un profond respect pour ces hommes et ces femmes qui ont consacré leur vie, parfois contre leur gré, au service de leurs idéaux. On a trop tendance de mettre toutes ces personnes dans le même panier des abuseurs, mais en fait il s’agit d’une petite minorité, je trouve injuste qu’ils aient tous et toutes â subir le mépris de certaines personnes.


L’abbé Jacques Tremblay




Disons tout de suite, c’était l’oncle de mon épouse, il nous a mariés et a baptisé notre plus vieux fils. Je l’ai bien connu, il est réputé pour ses jeux de mots et il semble que j’ai pris sa succession. On me dit toujours lors de mes calembours ‘’l’abbé Jacques, sors de ce corps’’. Fils de Wilfrid Girard et d’Éva Girard de Saint-Irénée, il naît en 1917. Son père était gérant de la Compagnie de téléphone de Charlevoix-Saguenay. De façon un peu spéciale, il fait sa première année de séminaire au presbytère de La Malbaie avec comme professions l’abbé Georges-Étienne Côté. Il est ordonné prêtre en 1942 et il est dépêché à Petit-Saguenay. Il devient rapidement un professeur émérite qui a à peu près tout enseigné. En 1948, il est diplômé en lettres de l’Université Laval. Il fait une carrière dans les institutions à Québec et Chicoutimi. Il publie dans les annales, comme on l’appelait les revues religieuses. À partir de 1967 jusqu’à sa retraite, il enseigne le français au Cégep de Chicoutimi. Il est aumônier chez les Antoniennes de Marie où se trouvent deux de ses sœurs, Charlotte et Gaby. Il est confesseur des futures institutrices de l’école normale de Chicoutimi. Pendant un été, il enseigne en Alberta. Il venait souvent à La Malbaie, c’était un homme qui avait beaucoup voyagé. Il gagnait un bon salaire comme professeur ce qui n’était pas le cas de tous les prêtres. IL a écrit les récits de ses voyages et des chroniques familiales que j’ai tous lus. C’était des publications destinées aux proches et à la famille. Il est décédé d’un cancer du cerveau au début des années 90.




TIRÉ EN PARTIE DE ''LES ÉVÈQUES ET LES PRÊTRES SÉCULIERS AU DIOCÈSE DE CHICOUTIMI


par Claude Harvey


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