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Charlevoix, le golf dans la peau

26 avr. 2022 5 minutes 554 vues

Charlevoix, le golf dans la peau

En Amérique du Nord, il n’y a pas d’autres endroits où le golf fait partie de la vie des habitants depuis 156 ans. Au début le champ de golf de La Malbaie était limité à la partie basse du parcours actuel et on pouvait profiter des mystérieuses petites buttes qui se sont formées on ne sait pas comment. Certains disent que ce sont des volcans de sable qui se sont formés lors d’un tremblement de terre, d’ailleurs il y en aurait de semblables à Baie-Saint-Paul. L’option des tombeaux amérindiens est aussi mise de l’avant. Pour le savoir, il suffirait de creuser un peu dedans. Il y a fort à parier qu’il n’y a que de la glaise.

Club House début du 20è siècle Murray Bay

Les premiers golfeurs estivants américains ne se posaient de questions là-dessus. Armés de leurs clubs en bois ils tentaient d’envoyer la balle dans le trou. Mon grand-père avait de ces bâtons de golf en bois dans le garage. C’est on est en contact avec de tels artéfacts que notre ADN mental s’enracine dans l’histoire et la tradition du lieu. Dés l’âge de 11 ans, j’étais dans ‘’la cabane à caddy’’ du goffe d’en haut. Il y avait une hiérarchie. Les ‘’bad caddy’’ comme moi on était dans la cabane en haut de l’ordre côté de la 362. On partait les derniers. Dans la cabane en bas, il y avait le ‘’caddy Master’’ et un groupe sélect qui partaient toujours les premiers et qui pouvaient faire 2 tours à 4$ le 18 trou, mais la plupart ajoutait 1$ de type et payaient le lunch au 9. Le plus dur c’était de partir à 2 sacs, un sur chaque école, quand on manquait de caddy. Il m’est arrivé d’abandonner au 8 alors que je ‘’caddais’’ un pro américain. La honte!


Au goffe d’en bas, c’était différent. Il y avait moins de caddys et les ‘’bonhommes’’ étaient des gens de la place. On savait très bien ceux qui payaient bien et ceux qu’on appelait les ‘’râleux’’. Les râleux donnaient 3,50$ pas de lunch au 9. Tous les caddys se sauvaient pour ne pas partir avec eux. Le cas de M. Lucien Harvey était un peu spécial, il ne fallait pas faire l’erreur de demander un pepsi au 9, car il était propriétaire de l’usine Coke. C’était une chose que les caddys devaient savoir. M. Amyot pratiquait très tôt le matin quand il n’y avait personne sur le terrain. Son caddy était l’ex-maire de La Malbaie, Jean-Luc Simard.


À partir des années 60, le golf a cessé d’être réservé exclusivement aux riches villégiateurs et des locaux qui jouaient en ‘’pirate’’ depuis des années et d’ex-caddy se sont mis à jouer. Les caddys étaient d’excellents connaisseurs de golf. Pour être un ‘’good caddy’’ il fallait conseiller les bons bâton à son bonhomme, être capable de lire les verts et connaître les moindres aspérités du ‘’fairway’’. Des personnes comme Jacques Rochette et Laurent Forgues sont devenus champions du Murray Bay et reconnus dans le milieu. Au goffe du Manoir, tout un groupe de jeunes dans les années 80 ont pris d’assaut les allées. C’est à cette époque que Claude Bergeron a établi le record du parcours en jouant 63 ou -7. Jean-Guy Chiasson, Henri McNicoll, Gaston Belley, Michel Murray, Michel Bergeron dont la majorité sont malheureusement décédés sont devenus membre du club et y ont passé de belles années.

À GAUCHE CLAUDE BERGERON

Trop longtemps, il n’y eut pas de femmes sur le tapis vert. Dans les années 70, elles ont fait timidement apparition. Madame Marchand, la mère de Pierre Marchand du 3 canards, madame Carraro l’épouse du directeur du Manoir Richelieu et bien d’autres avaient leurs propres tertres de départ.


Et puis, l’ouragan Marlène Desbiens qui est littéralement née sur un terrain de golf a commencé à établir son règne qui dure encore aujourd’hui.


C’était le bon temps du golf à La Malbaie. Baie-Saint-Paul s’est joint à la dans il y a déjà plusieurs décennies et d’excellents joueurs se sont développés de ce côté également, mais en tout respect, la tradition golfique n’est pas aussi présente dans Charlevoix-Ouest, ce qui n’enlève à ce parcours que j’ai moi-même joué très souvent. Il y a des points de vue magnifiques et c’est caractéristiques communes des 3 golfs de Charlevoix.


Je voudrais terminer en donnant un coup de chapeau à quelques professionnels qui ont géré nos clubs de golf au cours des années.


Normand Doyle (Manoir Richelieu) : L’homme au cigare partageait son temps entre la Floride et le Québec. Il était l’archétype du golfeur américain.


André Huot (Manoir Richelieu) : Membre de la célèbre famille de golfeurs de Québec. Il a été mon patron pendant quelques années. Il avait un long swing particulier et malgré sa petite taille, la balle voyageait loin.



Yves Froment (Baie-Saint-Paul) : Longtemps pro il a assisté à la croissance du club pour ensuite traverser à Rivière-du-Loup Bob Ledoux : (Manoir et Murray Bay) : Il a fait les deux clubs et s’est fait beaucoup d’amis dans la région.


Alain Bouchard (Murray Bay) : Une autre célèbre famille de golfeurs. Il s’est beaucoup impliqué dans des organismes du milieu entre autres en présidant la Chambre de Commerce de Charlevoix-Est. Ila laissé sa marque dans plusieurs dossiers comme celui de la Fondation de l’hôpital.


Le golf qui est un simple sport fut pourtant au cœur du développement de nos milieux, car le social qui se fait sur le terrain et dans un club house a souvent des résultats surprenants. Ce n’est que la suite de ce qui se passait avec Howard Taft et sa suite après 1929, sauf que c’était l’Amérique du Nord en entier qui était influencée par le résultat du président, du juge en chef de la Cour suprême et le gouverneur général qui jouait ensemble sur les allées du Manoir Richelieu.



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