LA VUE no 4

Les vestiges de l’histoire charlevoisienne: nos croix de chemin

1 avr. 2022 3 minutes 742 vues

Les vestiges de l’histoire charlevoisienne: nos croix de chemin



Un calvaire à Clermont photographié par Paul Turcotte, source patrimoineduquebec.com


Lorsque l’on se promène dans les régions rurales du Québec, il n’est pas rare d’apercevoir de grandes croix le long des routes. En fait, on en dénombre plus de 3000 dans la province et environ 120 dans Charlevoix. Cette tradition d’ériger des croix sur le territoire remonte au Moyen-Âge dans les régions celtiques telles que la Bretagne, l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles. C’est après l’arrivée de Jacques Cartier sur le continent que les premières croix de chemin s’élèvent au Canada dans le but de marquer la prise de possession des lieux. La coutume se poursuit avec les explorations des colonisateurs et est reprise par les nouveaux arrivants à l’ouverture des routes ou pour marquer l’attribution des lopins de terre.


Jacques Cartier prenant possession du territoire en 1534, Archives nationales du Canada.

Ces symboles soulignant l’influence de la religion catholique se divisent en trois catégories distinctes: la croix de chemin simple, la croix aux instruments de la passion et le calvaire. La première ne comporte aucun élément décoratif ou encore que très peu. Il en existe plusieurs de ce type dans Charlevoix. Sur la deuxième, on peut y trouver une variété d’objets symboliques liés à la Passion du Christ, par exemple une échelle, des lances, des clous, un marteau, etc. Cette croix garnit plus fréquemment les paysages des régions agricoles près de Montréal. Finalement, on peut classer les croix de chemin dans la section de calvaire lorsqu’elles représentent la scène de Crucifixion du Christ. Elles sont parfois surmontées d’un édicule et accompagnées de La Vierge et de l’apôtre Jean au sol.


Croix de chemin de St-Agnès en 1938, crédit photo Banq numérique par Herménégilde Lavoie

L’intention derrière la tradition des croix de chemin a changé avec le temps représentant parfois une signification différente de conquête d’un territoire. Par exemple, des croix sont érigées afin de se commémorer un évènement marquant. D’autres pour marquer l’endroit de dévotion publique, lieu de rassemblement des villageois pour faire la prière ou simplement pour se rencontrer. Il y a aussi la croix votive qui désignait un voeu particulier. On plantait une croix pour obtenir une faveur ou, plus souvent, en guise de reconnaissance lorsque la faveur se réalisait.



Le caractère patrimonial de ces structures religieuses est devenu de plus en plus important pour les régions de la province du Québec comme certaines de ces croix sont dressées depuis des siècles. La plus vieille croix de chemin encore debout dans Charlevoix est située à l’Isle-aux-Coudres et date du 7 septembre 1535, le moment où l’explorateur Jacques Cartier jeta l’ancre sur l’île. Effectivement, les croix de chemin représentent pour certains un élément intimement lié aux paysages de nos territoires et c’est pour cette raison que la plupart possèdent le statut de monument historique protégé. La prochaine fois que vous apercevrez une de ces croix, peut-être vous sentirez-vous un brin nostalgique comme ces-dernières renferment tant d’histoire et de souvenirs!

Croix commémorative située sur le chemin du Mouillage à L'Isles-aux-Coudres, photo Jacques Harvey (2013)



Par Léa Asselin-Abston

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