Immobiliers d’ici | Le marché immobilier de Charlevoix ne fait pas trop exception
Jeu. 7 novembre 2024 4 minutes
Par Mathieu Audet
On me questionne constamment comme tu te poses certainement la question pour avoir cliqué sur le titre de cet article. Comment se porte le marché immobilier de Charlevoix? Nous n’irons pas en profondeur, car je devrai te garder attentif beaucoup trop longtemps pour le temps que t’as de disponible en plus de t’occuper de ta famille et de tes affaires, mais on s’enligne pour un sacré beau tour d’horizon.
Le mot-clé pourrait facilement être « stabilité ». Mon expression principale basée sur une science très aléatoire provenant de ma cervelle est de dire que les offres multiples sur une même propriété traversent le pays progressivement. Les surenchères touchent d’abord Toronto pour se transporter vers Montréal alors que la ville de Québec suit avant que Charlevoix y goûte. Cette année, on n’a pas encore vu cette progression linéaire. Le marché de Charlevoix n’a juste pas connu de vagues. Les biens immobiliers se vendent bien depuis l’automne 2023 sans qu’il y ait de vagues particulières de surenchères. On peut même dire qu’on négocie un peu plus que lors de la période pandémique.
D’ailleurs, selon les données de Centris, Charlevoix-Est connait le même sort de janvier à septembre 2024 que lors la même période en 2023. Le prix de vente, le délai de vente, le nombre d’inscriptions et le nombre de ventes sont pratiquement intégraux. Pour l’ouest du comté, on peut sensiblement dire la même chose pour les mêmes paramètres mis à part qu’il y a davantage de nouvelles inscriptions qui se retrouvent sur le marché (une centaine pour être plus précis) et que le prix moyen de vente a connu une légère baisse.
Tout est dans tout. Le marché est encore favorable au vendeur dans tout le Québec. Certes, un certain équilibre est à prévoir ce qui signifie qu’il ne sera ni favorable à l’un, ni favorable à l’autre. Nous ne pouvons déterminer quand arrivera cet équilibre puisque les économistes prévoient encore des baisses du taux directeur. Une baisse des taux amène plus d’acheteurs sur le marché. L’offre et la demande prévaut une fois de plus tel que discuté dans un billet précédent. Plus il y a d’acheteurs, plus il y a de demandes, plus l’offre sur le marché devient une rareté, plus les prix de vente peuvent augmenter.
Maintenant, la question qui tue, est-ce que l’acheteur d’une nouvelle propriété peut s’attendre à négocier à rabais? Il devra être très patient pour ce faire. Le gouvernement fédéral a même brouillé les cartes puisque l’acheteur d’une première propriété pourra obtenir un amortissement hypothécaire de 30 ans s’il le désire. Enfin de l’aide diras-tu? Oui, mais encore plus d’acheteurs défavorisant l’équilibre à l’horizon.
Un marché favorable aux acheteurs pourrait arriver, mais dans plusieurs années. Selon mon encéphale pour lequel je ne peux plus me porter garant du haut de mes 33 ans, il y aura une migration d’individus désinstitutionnalisés vers des milieux plus adaptés. En effet, les Baby-Boomers pourraient ressentir le désir de se relocaliser tous en même temps et ainsi, désirer vendre tous en même temps.
Également, ce n’est pas un souhait, mais ce n’est pas impossible que les propriétaires qui ont voulu migrer vers les milieux ruraux lors de la pandémie réalisent que la « best life » dans Charlevoix est bien différente par rapport à leurs attentes. Ils pourraient vendre. En additionnant tous ces facteurs, l’inventaire de propriétés sur le marché pourrait être important. Ainsi, dans 5 à 10 ans, nous pourrions nous retrouver dans un marché où l’acheteur serait avantagé et pourrait ainsi négocier comme ce fut déjà le cas dans le passé, sous toute réserve. Cette réserve est bien large puisque je ne suis pas Nostradamus et nous ne sommes pas l’abri d’un événement imprévisible comme la COVID-19.
Il n’y a donc pas de bons moments pour acheter ou vendre, c’est ton moment à toi qui importe. Il y aura toujours des impondérables dans le chemin de ton projet. Les prix seront élevés ou encore, ce sont les taux qui seront plus élevés. L’acheteur peut ne pas trouver ce qui correspond à ses besoins et le vendeur peut voir des propriétés similaires venir en concurrence à sa vente. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles tu n’as aucun contrôle.
Il faut savoir que tu viens de lire un texte d’opinion et que rien n’indique que je suis devin. Le marché immobilier est en constant mouvement. Cette semaine, nous pouvons être à gauche alors que la semaine prochaine, tout peut bifurquer à droite. La fameuse pandémie nous l’a d’ailleurs démontré.
Je suis Mathieu Audet, courtier immobilier résidentiel et commercial dans Charlevoix.