Chroniques, Le temps d'une paix
Le temps d’une paix | Casimir Bolduc | Personnage | 44/52
Mer. 15 juillet 2026 1 minute
Par Christian Harvey
Le téléroman Le Temps d’une paix a été diffusé à Radio-Canada de 1980 à 1986 (135 épisodes). Cette semaine regardons le personnage de Casimir Bolduc.
Casimir Bolduc
La deuxième saison du Temps d’une paix voit l’arrivée à La Malbaie de Casimir Bolduc, interprété par Jacques Thisdale, un personnage venu restaurer la peinture de Sainte-Anne endommagée dans l’église paroissiale.
L’auteur du téléroman Pierre Gauvreau, peintre lui-même, a voulu rendre compte de la présence de nombreux artistes dans la région de Charlevoix à cette époque de l’entre-deux-guerres.
Ce personnage s’inspire assez directement de Clarence Gagnon (1881-1942), formé par William Brymner, dont l’influence fut marquante sur l’art au Québec. Le choix du nom Bolduc peut lui aussi référer aux célèbres sœurs Bolduc, Yvonne et Blanche, qui ont marqué l’histoire de la peinture populaire dans la région. Le personnage de Valérien Lavoie va en quelque sorte suivre leurs traces avec le concours de Marie-Thérèse Fournier.
Dans une scène connue du Temps d’une paix, Casimir Bolduc reçoit les critiques du notaire Fournier qui interroge le choix de représenter sa femme devant un paysage charlevoisien plutôt que, scène plus classique, dans le salon près du foyer.
C’est là qu’il reprend les mots du peintre Alexander Young Jackson, membre du Groupe des Sept et amoureux de Charlevoix : « Why not the moose ? » (Pourquoi pas un orignal?). Il critique par-là cette tendance de l’art canadien de l’époque à singer les maîtres européens tout en faisant fi dans leurs tableaux de la faune, comme l’orignal, et de la flore du pays.