Gens de chez nous | Festival Pour un Instant
Mar. 16 juin 2026 4 minutes
Par André Magny
Crédit : André Magny
Moments de grâce au Festival Pour un instant
Si les lilas des Jardins du Cap-à-l’Aigle n’étaient pas encore dans toute leur splendeur, la 3e édition du Festival Pour un instant (FPI) en a mis plein la vue, elle, au cours de la dernière fin de semaine, avec sa formule de spectacles intimes, un accueil personnalisé et la mise en valeur des producteurs locaux.
« Première année, on rame. Deuxième année, on rame. On a le goût que ça décolle à la troisième édition », résume la directrice artistique du festival, Angélique Boulet. Cette année, le FPI a vendu « trois à quatre fois plus de billets » que lors des éditions précédentes, un signe encourageant pour une organisation qui demeure volontairement à échelle humaine.
Pour Angélique Boulet, il n’est pas question de grossir trop vite. « La qualité d’accueil et d’écoute, la personnalisation, la proximité, c’est l’essence du festival. C’est une espèce de grosse boîte à chansons familiale. »
Crédit : André Magny
La programmation reflète cette philosophie. Aux côtés d’artistes reconnus comme Marie-Mai et Michel Pagliaro comme c’était le cas cette année, le festival offre une vitrine à la relève francophone. « La qualité musicale ne doit pas s’arrêter à un nombre de suiveurs sur les médias sociaux », affirme-t-elle. La découverte artistique demeure une priorité chez Angélique Boulet. On soulignera notamment un groupe français, Les crieurs de toit, en tournée au Québec avec un arrêt tout spécial dans Charlevoix ou encore No son Cubanos, un trio spécialisé, bien sûr, dans la musique cubaine, mais également latino-américaine.
Rencontré après leur spectacle du samedi après-midi, le leader du groupe québécois, le batteur Nicolas Jarret, qui avoue candidement ne pas parler espagnol, était ravi de la présence de son groupe au Festival Pour un Instant. Une première charlevoisienne d’ailleurs pour le trio. Si No son Cubanos y va de certains classiques attendus comme Hasta siempre Comandante ou encore Guantanamera, le trio n’hésite pas à détourner certains accords de Beethoven, Mozart ou Brel pour en faire des musiques propres au merengue ou à la salsa ! Un rêve pour le trio québécois ? Aller jouer à Cuba !... tout en ayant en pensée les durs moments auxquels sont confrontés les Cubains, aux prises notamment avec un voisin impitoyable.
Crédit : André Magny
Des partenaires locaux
Au-delà de la musique, le festival se distingue par sa zone gourmande mettant en vedette les producteurs locaux. Charcuteries, fromages, produits maraîchers de saison, farines artisanales et boissons régionales occupent une place importante dans l’expérience offerte aux festivaliers. « C’est ça, notre signature », affirme Mme Boulet. La Microbrasserie Charlevoix, partenaire depuis les débuts, ainsi que plusieurs producteurs et entreprises de la région contribuent à cette identité profondément enracinée dans le territoire.
Les bénévoles constituent également l’un des piliers de l’événement. Une trentaine de personnes participent à l’organisation et à l’accueil des visiteurs. « Ma fierté, c’est aussi ça », confie-t-elle. « J’ai une équipe de bénévoles bienveillante, gentille, qui porte cette qualité d’accueil et de service. » Cette approche se traduit concrètement par une attention particulière portée à chaque spectateur et aux artistes. D’ailleurs, Mon Charlevoix a été à même de le constater : les bénévoles prennent le temps de remercier les gens individuellement, tant à l’entrée qu’à la sortie.
Le festival peut aussi compter sur l’appui de nombreux partenaires. Parmi eux, figurent notamment Columel, présentateur de l’événement, la Microbrasserie Charlevoix, Mazda Charlevoix et Hydro-Québec, qui a d’ailleurs conclu une entente de soutien sur deux ans.
Selon les estimations préliminaires, environ 1 000 festivaliers pourraient avoir participé à cette troisième édition. Largement au-delà des chiffres de l’an dernier, selon la directrice artistique.
Crédit : André Magny
On remet ça pour une 4e édition ?
La question d’une quatrième édition demeure ouverte. « Je pense que oui, si mes partenaires suivent », répond Angélique Boulet. Toutefois, elle reconnaît que l’essoufflement des organisateurs représente un enjeu réel après trois années d’efforts soutenus.
Sans cachette, elle mentionne que le budget nécessaire à la réalisation de l’événement se situe entre 75 000 $ et 80 000 $, sans qu’aucune ressource permanente ne soit rémunérée. « La passion est toujours là », assure-t-elle. « Mais on est des êtres humains aussi. »
Pour l’instant, l’équipe préfère savourer le succès de cette troisième édition avant de décider de la suite. Une chose est certaine : l’intérêt du public, l’engagement des bénévoles et l’appui des partenaires laissent entrevoir un avenir prometteur pour ce festival unique dans le paysage culturel charlevoisien.