Gens de chez nous | Un Rodéo solide dans ses étriers
Saint-Aimé-des-Lacs, Charlevoix
Mar. 1 juillet 2025 3 minutes
Par André Magny
Crédit : André Magny
Un rodéo solide dans ses étriers
Après 14 éditions, on peut dire que le Rodéo de Charlevoix a fait sa marque dans le paysage de la région. Un succès qui passe, non seulement par une structure efficace, mais aussi par l’engagement de ses bénévoles.
Quand on entre sur le terrain du Rodéo de Charlevoix à Saint-Aimé-des-Lacs, on est tout de suite happé par l’ambiance : femmes et hommes portent fièrement chapeaux et bottes de cowboy tout en se dirigeant vers le saloon ou vers le chapiteau des danses en ligne.
Ils arrivent en auto ou viennent passer la fin de semaine dans Charlevoix en débarquant de leur VR ou après avoir installé leur tente.
Et non loin du stade où s’en donnent à cœur joie les participants, les paddocks permettent aux chevaux de se reposer en attendant leur prochaine compétition. Et continuellement, on entend leur hennissement pour nous rappeler que c’est un peu eux les rois de la fête, qui, cette année, s’est déroulée du 19 au 22 juin.
Au-delà de tout ce brouhaha westernien mené de main de maître par une solide organisation dirigée par la famille Harvey, à commencer par Sébastien, le président, il y a des dizaines de bénévoles, qui font en sorte que rodéo, gymkhana, compétitions de bûcherons, spectacles et accueil des visiteurs se déroulent sans anicroche.
Crédit : André Magny
Bénévole de la première heure
Depuis les débuts du Rodéo de Charlevoix, il y a 14 ans, Jean-François Girard veille au bon déroulement du camping sur le site. Il orchestre avec rigueur l’accueil des véhicules récréatifs, souvent en tandem avec un autre bénévole. Et accessoirement, il fait aussi visiter les lieux au journaliste de Mon Charlevoix !
Le dévouement de Jean-François frôle l’exploit physique. Lors des journées intenses du rodéo, il dort à peine. Sur quatre jours d’événement, il lui arrive de ne roupiller que cinq à six heures au total.
Malgré la fatigue, sa motivation reste intacte : « Je fais ça parce que j’adore l’événement. C’est pas juste du temps qu’on donne, c’est de l’amour qu’on a pour cet événement. »
Le Rodéo de Charlevoix attire de plus en plus de monde, avec environ 170 réservations de camping-cars cette année. « Bien cordés et bien stationnés, je peux en mettre 250. Mais on donne de l’espace », explique M. Girard. Du côté des compétitions, entre 400 et 600 compétiteurs prennent part au gymkhana et au rodéo, selon les éditions.
La mobilisation bénévole est essentielle. Dans un contexte aussi exigeant, garder une attitude positive est crucial. « Une de mes forces, c’est de transformer le négatif en positif. »
En quelque sorte, Jean-François Girard incarne l’âme du rodéo : endurance, passion, intensité et générosité.
Crédit : André Magny
Bénévole d’oncle en nièce
Dix ans de fidélité, de sourires et de travail bien fait : Marion Girard est l’une des figures les plus appréciées du Rodéo de Charlevoix. Née dans une famille de bénévoles engagés, Marion s’implique avec passion depuis sa toute première édition.
Nièce de Jean-François Girard, elle forme avec lui un duo de choc. « Moi, je suis à l’accueil avec Geneviève et Christina. Jean-François, lui, avec Jason, place les roulottes. Ça fait dix ans qu’on est les cinq ensemble à faire ça. »
Pour Marion, ce week-end est sacré : « C’est notre week-end intense. C’est plus qu’un bénévolat, c’est un moment en famille, un moment en équipe. » Malgré l’énergie que demande l’événement, elle ne s’en plaint pas. « Nous autres, on est des super bénévoles. On est là pour soutenir ! »
Et l’ambiance? Elle est à l’image de Marion : joyeuse, accueillante, chaleureuse. « Les gens sont contents de venir ici. Ils sont patients, ils sont joyeux. Surtout quand il fait beau! » Même la pluie de cette année n’a pas entamé l’enthousiasme des campeurs. « Ils sont arrivés un peu plus lentement, mais tout le monde est au rendez-vous. »
Après dix ans, elle ne compte pas s’arrêter de sitôt : « Je vais faire ça jusqu’à temps qu’il va y avoir des rodéos. Il n’est pas question que ça arrête. »
À bien y penser, on pourrait paraphraser un proverbe thaï, afin de l’adapter à l’armée de bénévoles du Rodéo de Charlevoix : de même qu’une grande distance révèle un bon cheval, le temps révèle un bénévole de cœur.