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Nadia Murray, chasseuse d'araignée

1 févr. 2021 5 minutes 219 vues

Nadia Murray, chasseuse d'araignée

Nadia Murray est née à Québec, mais elle  y est restée très peu de temps puisque sa famille habite à Clermont. Elle a un frère et une soeur. Son père Jean-Pierre Murray est électricien et sa mère Lise Maltais est cuisinière au Manoir Richelieu. Elle fait ses études primaires à Clermont. C'est une première de classe plutôt timide. Au secondaire, elle pratiquait  le volleyball et le handball. Très tôt, elle s’est intéressée à la littérature. Elle lit des oeuvres plutôt élaborées et aucun roman Harlequin. En 1995, elle fut dans les premières cohortes étudiantes du centre d'études collégiales en Charlevoix. Elle s'intéressait également  à la politique avec une très forte adhésion à l'indépendance du Québec. Au référendum de 1995, même si elle a fait du bénévolat pour le oui, il lui manquait 20 jours pour avoir le droit de vote, ce qui l’a chagriné un peu.

Au CECC, un professeur marquera particulièrement son parcours. André Gignac enseigne la littérature et anime la flamme de Nadia pour le monde littéraire. Elle qualifie son professeur comme un pédagogue extraordinaire. Elle aura aussi Mario Lapointe comme enseignant. Le destin fera en sorte qu'ils se reverront quelques années plus tard.

Elle se dirige en littérature française et québécoise. Comparativement  à l'ambiance dynamique du CECC, elle trouve les études universitaires un peu froides et guindées. Étant donné qu’elle aime les gens, elle décide de faire un certificat en pédagogie collégiale, dans l'espoir de revenir travailler avec son mentor au CECC. Son rêve se réalisa!  Nadia est la première étudiante issue du CECC à devenir enseignante dans cette institution. Ce fut toute une fierté pour la communauté collégiale.

Elle se retrouve donc collègue de ses anciens professeurs : André, Mario et Agnès. Même si elle  a enseigné pratiquement toujours à temps plein, il lui prendra 17 ans avant d'obtenir sa permanence et les avantages qui viennent avec. À ses débuts, elle a 23 ans et ses étudiants(es), ont à peine un peu moins. Elle dit n'avoir jamais eu aucun problème à se faire respecter malgré le peu de différence d'âge. Au cours des années, elle propose de multiples lectures à ses étudiants(es) pour leur  faire apprécier, idéalement, le pouvoir de la littérature et la beauté de la langue française. Elle est appelée à enseigner un cours complémentaire en Chanson québécoise dans lequel sont étudiés les principaux auteurs de la chanson québécoise.

Elle et son conjoint se construisent une maison à Saint-Agnès et Nadia donnera naissance à deux enfants, une fille et un garçon aujourd'hui des adolescents. Le garçon pratique le hockey et la jeune fille, la danse. Ils ont tous les deux hérités de l'intérêt maternel pour la lecture.

Elle s'est toujours intéressée à l'Irlande dans une sorte de quête des origines de la famille Murray. Elle lit beaucoup de littérature irlandaise et se renseigne sur le pays. Malheureusement, elle n'a pas encore eu l'occasion de visiter la verte Eire des romans. Par ailleurs, avec la famille, elle a visité la France, un pays dont Nadia est aussi éprise.

 

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Vint un temps où Nadia avait besoin d'un nouvel accomplissement. Elle décide d'aller compléter une maîtrise à l'Université Laval. Tout en demeurant à La Malbaie, elle suit les cours à Québec. Elle réussit à obtenir une libération de tâches d'enseignement pour suivre sa formation supérieure. Son superviseur de mémoire sera M. François Dumont. En cherchant son sujet, elle pense à l'oeuvre de Jean Leloup et  ils s'aperçoivent qu'aucune étude sérieuse et complète de ses textes et autres productions n'a été réalisée. Nadia décide de se lancer dans l'aventure. Elle visite la totalité de l'oeuvre de Leloup et analyse chacun de ses albums autant par le texte que par la pochette et les commentaires de Leloup lui-même sur sa production artistique. Elle utilise la métaphore de la mygale qui est une araignée qui change constamment de peau parce que Leloup se réinvente constamment. Cela donne un mémoire de 180 pages, deux fois plus long que la moyenne. Nadia obtient d'excellentes notes et est citée au tableau d'honneur de la faculté des arts à 3 reprises.

Le manuscrit primé est envoyé à 2 ou 3 maisons d'édition. Il se passe un délai de 3 ans avant la publication, car il a fallu rajouter des chapitres. Elle ne prétend pas être la grande spécialiste de Leloup mais elle est néanmoins une pionnière dans l'analyse de son oeuvre. C'est pourquoi la publication au grand public s'avérait nécessaire. Elle a eu de très bonnes critiques journalistiques à l’exception du journal le Devoir qui avait un bémol sur le style académique. Le livre jouit d'une bonne distribution et suscite l'intérêt. Étant donné qu’elle est allée en profondeur dans l'éthos de Jean Leloup , j’ai demandé à Nadia si elle pensait qu'il est un génie, elle m’a répondu oui sans hésiter. Mais on sait que le génie est proche de la folie comme le dit la sagesse populaire, Jean Leloup a connu des hauts (très) et des bas (très) mais comme la mygale, il ressuscite sans cesse.

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Pendant ce temps, Nadia s'implique dans le projet de Ballade à la vitesse de la lumière dans les sentiers du Manoir Richelieu avec l'enseignant en physique, Jean-Michel Gastonguay. Elle enseigne aussi à l'Université du 3ième âge pour 2 universités, tout en poursuivant sa carrière au CECC. Pour l'avenir, elle souhaite se remettre à l'analyse des textes de la chanson québécoise, par exemple, celles des Cowboys fringants. Elle a écrit un article sur Mara Tremblay. Comme elle s'est toujours intéressée à l'indépendance du Québec, elle prévoit faire un essai sur la génération du référendum de 1995.

Le livre de Nadia ''Le principe de la mygale'' est en vente chez tous les bons libraires et même sur Amazon en format broché ou Kindle.

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