Saviez-vous que ! | Jean Serreau de Saint-Urbain
Mer. 20 mai 2026 2 minutes
Par Christian Harvey
Jean Serreau de Saint-Aubin
Jean Serreau de Saint-Aubin est le premier résident sédentaire de Charlevoix. Il s’installe à Baie-Saint-Paul en 1670 où il cultive une vaste terre de dix arpents comprenant de nos jours le site de l’église paroissiale, du couvent des Sœurs Petites Franciscaines de Marie, du Centre hospitalier de Charlevoix et de la polyvalente.
En fait, la vie de Jean Serreau de Saint-Aubin recèle une histoire fort trouble. En effet, en juillet 1665, alors que Jean Serreau de Saint-Aubin habite l’île d’Orléans et que tout semble aller très bien pour lui, il en vient à découvrir que son épouse Marguerite Boileau a une liaison avec un voisin du nom de Jean Terme. Serreau de Saint-Aubin convoque alors l’amant de sa femme en duel et au moment où Jean Terme dégaine son épée il lui assène un coup de bâton fatal sur la tête. Jean Terme meurt et Jean Serreau de Saint-Aubin est mis en accusation pour meurtre.
Serreau de Saint-Aubin plaide la légitime défense. Il obtient sa grâce auprès du roi Louis XIV mais sa réputation demeure néanmoins entachée. Établi en 1667 dans la seigneurie d’Argentenay, Serreau de Saint-Aubin en est expulsé par Madame d’Ailleboust, seigneuresse du lieu qui a entrepris des démarches à cet effet auprès du Gouverneur de la Nouvelle-France. Jean Serreau de Saint-Aubin s’établit alors avec sa famille à Baie-Saint-Paul, un territoire jusqu’alors inhabité.
Mais les terres de Baie-Saint-Paul appartiennent à Mgr de Laval (voir image), seigneur de Beaupré et celui-ci apprend bientôt la mauvaise réputation de Serreau de Saint-Aubin et aussi son désir de s’établir à Baie-Saint-Paul. L’Évêque de Québec n’accepte pas que Jean Serreau de Saint-Aubin s’établisse sur ses terres et il tente bientôt de chasser ce personnage qui a pu s’installer à Baie-Saint-Paul grâce à un permis d’exploitation émis par l’intendant Jean Talon. Mgr de Laval considère que Jean Serreau Saint-Aubin est un squatter établi illégalement dans sa seigneurie. L’affaire se termine devant les tribunaux. En septembre 1676, Jean Serreau de Saint-Aubin accepte finalement de quitter sa terre de Baie-Saint-Paul contre le versement par Mgr de Laval et les Messieurs du Séminaire de Québec de la somme 1 100 livres à titre de dédommagement. Il s’établit par la suite en Acadie. Jean Serreau de Saint-Aubin meurt en 1705.
Aujourd’hui, la polyvalente de Baie-Saint-Paul rappelle son nom, un rare cas au Québec où on rend hommage à un individu coupable… d’un meurtre.