Saviez vous que!, Chroniques, Souvenirs
Saviez-vous que! | Tremblement de terre de 1860
Mer. 20 novembre 2024 2 minutes
Par Christian Harvey
La région de Charlevoix aurait connu depuis le 17e siècle cinq tremblements de terre de plus de 6 sur l’échelle de Richter: 1663, 1791, 1860, 1870 et 1925. Celui qui est le moins bien connu demeure sans conteste celui de 1860.
Les témoignages historiques concernant le séisme de 1860 sont plutôt limités. Le 19 octobre 1860, le Morning chronicle and commercial and shipping Gazette de Québec publie une lettre d’un correspondant de Baie-Saint-Paul dont des informations sont reprises et traduites par d’autres médias dont La Minerve (23 octobre). On peut y lire que « some five or six chimneys were thrown down […] », soit qu’entre 5 et 6 cheminées ont été renversées à Baie-Saint-Paul.
L’abbé Charles Trudelle, curé de Baie-Saint-Paul, reproduit ses observations sur le tremblement de terre dans un texte (très peu connu) daté du 17 octobre 1860 dans la documentation paroissiale : « Plusieurs têtes de cheminées ont été renversées […] ». Malgré les informations similaires, les deux textes ne correspondent pas et ne semblent pas être l’œuvre du même auteur.
Finalement, il faut noter le premier volet du témoignage de l’abbé Louis Tremblay provenant d’une lettre expédiée à Mgr Laflamme et datée du 23 avril 1907. On peut y lire que, à La Malbaie, « quelques cheminées furent étêtées […] ». Plus loin, l’abbé Louis Tremblay affirme d’une manière plus saisissante que, selon ses souvenirs, une « source jaillit au milieu du chemin public dans un bas-fond [et] quelques fissures du sol se produisirent ». Ce texte souvent repris ne fait pas mention du lieu de résidence précis.
Nous avons localisé la maison de sa famille, née du mariage de Charles-Ovide Tremblay et de Mathilde Brassard, qui était située sur le lot 628 dans le secteur de Rivière Mailloux communément appelé l’Accul car littéralement acculé à la montagne. Le chemin public passait devant la propriété. L’abbé Louis Tremblay n’avait à cette époque que 5 ans.
Suivant les recherches récentes, la tendance serait forte de rapprocher ce phénomène observé à celui de la liquéfaction qui produit ce phénomène d’éjection (de jaillissement) de l’eau du sol lors d’un séisme. Il n’y avait à cette époque (1860) aucun système d’alimentation en eau pour les résidences qui aurait pu défaillir. Le phénomène ne peut être que naturel. Cela n’est pas impossible mais il faudrait plutôt, selon nous, rapporter le tout au séisme plus important de 1870.
L’abbé Alexis Mailloux dans son Histoire de l’île aux Coudres n’évoque pas le tremblement de terre 1860, un événement pourtant contemporain. Pourquoi? La réponse se trouve probablement dans le fait que les dommages aux bâtiments furent beaucoup plus limités qu’en 1870 et que la mémoire ait perdu le souvenir de cet événement.