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Laure Conan, être tourmentée ?

29 oct. 2021 3 minutes 300 vues

Laure Conan, être tourmentée ?

Il faut remonter loin pour se souvenir de cette habitante de La Malbaie nommée Félicité Angers, fille d'Élie Angers, un forgeron, et de Marie Perron. C’est en 1845 qu’elle voit le jour dans une famille de 12 enfants dont seulement 6 survivront jusqu’à l’âge adulte. Ses parents tiennent aussi un bureau de poste et un magasin général. Elle fait des études au couvent des Ursulines de 1859 à 1862, où elle se distingue par ses talents littéraires. Elle apprend à parler anglais et même un peu l’allemand. Deux de ses frères sont très en vue, l’un est notaire et l’autre député fédéral de Charlevoix.


De retour à La Malbaie, elle se lie avec Pierre-Alexis Tremblay, arpenteur. Leur liaison semble particulière sous l’apparence d’une promesse de chasteté de l’un ou de l’autre. Cela mène à leur rupture en 1868 et à la descente de Laure Conan dans les regrets et l’amertume, le mot dépression n’étant pas connu à l’époque. Elle s’isole dans la maison familiale et on la voit peu en public. En 1871, Laure Conan aurait eu une révélation mystique alors qu’elle aurait été touchée par le sang de Jésus-Christ. Était-ce là le révélateur d’un désordre bipolaire qu’on était très loin de comprendre à l’époque. Elle perd son père et sa mère et devient orpheline. ‘’Félicité ne se remettra jamais de l’échec de son idylle avec Pierre-Alexis, dont on pourra suivre les traces à peine voilées dans plusieurs de ses romans, où elle se révélera grâce aux genres littéraires de la correspondance et du journal intime. Selon plusieurs critiques, cet être aimé et perdu serait à l’origine du profond mal de vivre, du malaise moral, de l’isolement, du ton amer et fataliste qui se qui se retrouveront dans l’œuvre de la romancière et qui trahiront, malgré l’usage d’un pseudonyme, sa vie privée et publique. ‘’ (1)


Ce n’est qu’en 1878 qu’elle revient sur le devant de la scène. Elle publie un texte dans la Revue de Montréal où elle utilise pour la première fois le pseudonyme de Laure Conan. Elle est toujours très proche de la religion et a plusieurs conseillers et conseillères spirituels avec elle a de volumineuses correspondances. Elle prend confiance en elle et se met sérieusement à l’écriture qui aboutit à son roman le plus connu ‘’Angéline de Montbrun’’. En 28 ans, elle publiera 38 fois, articles et romans. L’ombre de Pierre-Alexis est souvent présente. Elle avait une mémoire prodigieuse et pouvait citer les écrits des grands écrivains français de même que des textes religieux.



Après 1890, elle devient journaliste après avoir eu beaucoup de problèmes à se faire payer ses droits d’auteur alors qu’elle négociait elle-même ses contrats. De 1893 à 1898, elle devient directrice de la revue catholique La Voix du Précieux-Sang5. De cette époque datent des articles patriotiques et chrétiens où percent néanmoins des préoccupations sociales, notamment sur le statut politique des femmes. Elle est payée 800$ par année, incluant gîte et couvert. En 1900, elle se plaint d’un isolement terrible et douloureux ramenant ainsi sa vie en montagnes russes. Elle est consciente que le fait d’être femme la prive d’une reconnaissance qu’un homme de son talent aurait reçue.



Elle est diagnostiquée d’un cancer de l’ovaire et meurt d’une crise cardiaque le 6 juin 1924 à l’âge de 79 ans. Elle est enterrée au cimetière de La Malbaie à côté de Pierre-Alexis Tremblay.



(1) DCB/DBC Mobile beta

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