Josette McNicoll septembre

Une femme aux multiples talents. Monique Côté de la Rémi.

3 mars 2022 4 minutes 1370 vues

Une femme aux multiples talents. Monique Côté de la Rémi.

Il y a des gens qui travaillent fort dès leur jeune âge, notamment les enfants de cultivateurs et c’était encore plus vrai dans les années 50. Monique Côté a vu je jour à Baie-Saint-Paul dans le secteur dit de la Rémi. Très jeune, elle est aux champs à faire les foins. Comme à l’époque, les filles ne portent pas de pantalons, c’est en jupe qu’elle manipule ces brins d’herbe secs et piquants sur sa peau. Elle conduit le rateau et la charette en guidant le cheval, et plus tard elle conduit le tracteur. Elle fréquente l’école de rang située pas très loin de chez elle et elle réussit très bien. Elle est la 3e d’une famille de 4 qui compte un seul garçon. Donc les filles sont mises à contribution aussi pour s’occuper des vaches qu’il faut aller chercher sur les terres au pied de la montagne. Un imbroglio sur son âge l’empêche de rentrer en 7e année à Baie-Saint-Paul, elle poursuit donc ses études au Ruisseau Michel pour faire sa 6ième année avant d'aller au couvent à Baie-St-Paul jusqu'en 11 ème année afin d’intégrer l’école normale François Delaplace à Limoilou afin de devenir enseignante. Elle se dirige d’abord en français et religion, mais des événements lui feront changer de matière. Elle s’aperçoit que la langue anglaise serait une corde importante à son arc. Des familles américaines qui travaillent sur un étrange projet (nous y reviendrons) dans Charlevoix, habitent à Baie-Saint-Paul, elle s’offre à travailler pour eux en été sans salaire, c’est ainsi qu’elle devient parfaitement bilingue et qu’elle obtient un poste de spécialiste en anglais à la commission scolaire. Elle a déjà rencontré son mari, Rosaire Fortin, psychologue qui est bien connu dans Charlevoix. Ils se marient en 1969 (53 ans). Ils auront 2 enfants auxquels Monique se consacre pendant quelques années avec des grossesses un peu compliquées. C’est alors qu’elle s’initie à un nouveau métier et que ses talents d’entrepreneure prennent leur envol. Appelée la boutique à bois, elle commence d’abord à produire des meubles de parterre sous le nom de Créations Monros (Monique-Rosaire). Ses premières balançoires sont produites sans aucun outil électrique totalement à la main. Plutôt que de payer le gros prix pour des équipements, elle crée elle-même avec l'aide de son conjoint les outils adaptés à leur production. La boutique fonctionne sur deux quarts de travail. Après un certain temps, les produits se diversifient avec des garages démontables en bois, des cabanons, des meubles institutionnels, etc. Monique fait souvent face à de la misogynie lorsque des clients demandent à parler à son mari pour conclure une transaction de vente de cabanons. Il y a des occasions de prendre de l’expansion, entre autres au Texas et en France, mais l’entrepreneure préfère se concentrer sur un marché qu’elle connaît. De plus, ses deux enfants autour de 10 et 12 ans se sont lancés en affaires dans la distribution de moulée pour animaux, entreprise qui durera jusqu’à leur entrée au cégep. L’entreprise s’appelait Service de Nutrition Animal Charlevoix(S.N.A.C.)


Après 20 ans de manufacturier, Monique commence à éprouver des problèmes de nature physique qui rendent son activité de plus en plus difficile. Elle commence à réfléchir à une réorientation. Elle possède deux diplômes en arts, un bacc en administration des affaires et une maîtrise en gestion des organisations. Elle s’inscrit à un cours d’impôt chez HR Block, mais elle ne veut pas s’attacher à la compagnie. Elle commence à faire des rapports une première année parfois jusqu’à 2h du matin. Pendant quelques années, ses deux entreprises roulent en parallèle. Finalement, elle ouvre son bureau sur le boulevard Leclerc face au bâtiment dont elle se portera acquéreuse. Au début, avec sa fille, elles font aussi de la tenue de livres, mais l’impôt s’impose comme le domaine à privilégier. Le manque d’espace est constant c’est pourquoi elle achète la bâtisse où se situe son bureau et celui de son mari. La septuagénaire est en lente progression vers une retraite bien méritée, mais elle a de la difficulté à s’arrêter ayant toujours travaillé. À en juger au nombre de fois ou la sonnette a retenti pendant mon entrevue, ça n’a pas du tout l'air d’une entreprise en diminution.


J’ai connu Monique Côté dans le cadre d’une formation èa l’UQAC et par mes activités avec le Club Lions dont elle faisait partie avec Rosaire. Je savais que c’était de grands danseurs. On pouvait admirer leur grâce et leur technique dans plusieurs événements dans Charlevoix. Ils ont suivi des cours à Québec plusieurs années et ils se rendaient dans la capitale, 2 à 3 fois par semaine. Malheureusement, une blessure au pied a obligé Monique à diminuer la cadence. Comme elle le dit, ça ne l’a pas fait maigrir, mais cela l’a sûrement gardé en très grande forme. Elle s’est aussi beaucoup impliquée notamment au sein du comité de citoyens de Saint-Urbain qui l’a amené jusqu’en France pour la silice. Elle n’a pas beaucoup voyagé, même que son voyage de noces l’a amené à Saint-Aimé des Lacs.


Chaque fois que je rencontre quelqu’un, c’est un nouveau livre qui s’ouvre devant moi. Le parcours de Monique n’est pas banal. J’ai rencontré une vraie entrepreneure et une personne aux multiples talents. Encore une fois, je me sens heureux de voir les talents issus de notre terroir.









  

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