Gens de chez nous | Double anniversaire pictural à Baie St-Paul (Art et Style & L'Harmattan)
Mer. 8 octobre 2025 3 minutes
Par André Magny
Crédit : gracieuseté
Double anniversaire pictural à Baie St-Paul
C’est 95 ans de peinture au cœur de Charlevoix qui seront célébrés le samedi 11 octobre à la fois à la Galerie Art et Style sur la rue Ambroise-Fafard et à L’Harmattan, rue St-Jean-Baptiste, toutes deux sises à Baie-Saint-Paul.
Dans le premier cas, ce sont les 60 ans de l’une des plus vieilles et plus prestigieuses galeries du Québec, Art et Style, qui seront soulignés, alors que L’Harmattan soufflera 35 chandelles.
Ces deux piliers baie-saint-paulois de la peinture qui regroupent 80 peintres vivants, c’est à Gilles Charest qu’on les doit.
En fait, en ce qui concerne Art et Style, il a pris la relève de l’artiste peintre Raphaël Shano, qui a senti que Charlevoix était un bon terreau pour la peinture quand il a décidé de déménager sa galerie de Montréal à Baie-St-Paul en 1988.
L’Harmattan, fondée en 1990 par Gilles Charest, a élu domicile en 1999 dans l’ancienne maison du docteur Allard, patiemment restaurée pour devenir un lieu unique de création et de diffusion à Baie-Saint-Paul.
Crédit : gracieuseté
L’art : un marché ou une passion ?
Une question s’impose. En fait, deux. Qu’est-ce qui fait qu’on survit aussi longtemps dans un domaine qui n’est pas toujours facile ? Et qu’est-ce qui différentie les deux galeries ?
À la première interrogation, Gilles Charest n’hésite pas une seconde : « Mes associées sont diplômées en art. » Résultat, elles savent donc bien renseigner les clients potentiels. Parfois, selon Gilles Charest, certaines personnes responsables de galeries ont de la difficulté à citer certains signataires du célèbre et historique Refus Global québécois.
Quant aux différences entre les deux galeries, chez Art et Style, on y retrouve des tableaux de grands maîtres québécois comme Ferron, Borduas ou Riopelle. Passionné de peinture, Gilles Charest se rappelle que lui, le finissant aux HEC à Montréal, il s’était payé un Marc-Aurèle Fortin.
Quant à L’Harmattan, le but premier est de faire vivre l’art contemporain comme des œuvres d’André Pitre, Jacques Pilon ou encore Dominik Sokolowski. Gilles Charest est heureux d’offrir des peintures comme celles de Bruno Côté dont les toiles se retrouvent à la célébrissime Roberts Gallery à Toronto.
Alors, peinture figurative ou œuvre plus abstraite ? « Plus on connaît la peinture, plus on va du paysagisme vers l’art abstrait », est d’avis le propriétaire des deux galeries charlevoisiennes. « L’abstrait n’a pas de frontière. »
Encore faut-il être capable d’apprécier la toile qu’on achète. Pour Gilles Charest, la seule question que l’acheteur doit se poser : « Est-ce que dans 10 ans, je vais bien vivre avec cette peinture ? » Il faut savoir aller au-delà de l’instant présent. « On fait souvent du fast food en peinture. Les galeries dictent aux artistes ce qu’il faut faire en raison des modes. » Quant aux artistes eux-mêmes, ils ont intérêt à être bien diffusés s’ils veulent poursuivre leur travail. Le galiériste donne pour exemple Borduas, qui était un intraverti. Riopelle, lui était extraverti. Il côtoyait le jet set, donc ses œuvres trouvaient un peu plus facilement preneur.
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Pour la suite des choses
« Je veux que la peinture soit accessible à tout le monde. Mais que ce soit de la bonne peinture. » C’est l’objectif que se fixe Gilles Charest.
Autre objectif : ne pas vendre les galeries. Il souhaite que ça reste dans la famille. Son fils s’y intéresse d’ailleurs.
Impliqué dans la communauté de Baie-Saint-Paul, Gilles Charest mentionne qu’il a commandité les sculptures qu’on retrouve dans la ville du Festif. Il désire poursuivre dans cette voie.
Ah, et si vous vous demandez pourquoi le nom de L’Harmattan, dites-vous bien qu’en plus que ce soit un vent chaud d’Afrique, Gilles Charest aimait particulièrement le jeu de mots qu’on peut y faire. Vous avez trouvé ? L’art m’attend… pour L’Harmattan !