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Gens de chez-nous | La Société d’Histoire de Charlevoix

Charlevoix

Mar. 4 juin 2024 5 minutes

Par André Magny

SHC Couleurs shadow caroussel
SHC Couleurs shadow caroussel


Il y a 40 ans cette année, de jeunes étudiants charlevoisiens et diplômés en histoire de l’Université Laval ont commencé à s’intéresser aux différents événements ayant façonné le visage de la région de Charlevoix. Depuis, la Société d’histoire de Charlevoix n’a cessé de combiner recherches et édition.

Photo Serge Gauthier S
L’historien Serge Gauthier, à titre de président , est à la tête de la Société d’histoire de Charlevoix depuis 1984.
Photo gracieuseté de la Société d’histoire de Charlevoix
Photo Serge Gauthier S

Selon le président de la Société d’histoire de Charlevoix, Serge Gauthier, comparativement à d’autres organismes du même genre au Québec, à l’époque, dans les années 1980, ce n’était pas courant que de jeunes universitaires soient à l’origine de sociétés d’histoire. C’étaient souvent des gens d’un certain âge, passionnés certes d’histoire, mais sans nécessairement avoir une formation universitaire dans le domaine, qui s’occupaient des sociétés historiques. On y organisait certains événements commémoratifs, mais on faisait peu de recherches.

Dans Charlevoix, de jeunes universitaires se sont plutôt dit que ce serait intéressant d’écrire un livre sur l’histoire de la région. Ce fut d’ailleurs fait en l’an 2000. Que des jeunes diplômés, formés à la recherche, s’intéressent à la création d’une société historique, « c’était un peu révolutionnaire pour le temps », se rappelle Serge Gauthier, qui fut nommé président à 25 ans. « Il y avait un côté plus professionnel dès le départ », de résumer celui qui assure ce poste depuis quatre décennies.

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Numero 5 S
Alors qu’il était tout jeune président, Serge Gauthier pose en 1987 avec un numéro spécial de la Revue de la Société d’histoire de Charlevoix portant sur les 150 ans de la Société des 21; c’était un groupe d'hommes de La Malbaie réuni pour former une société d'exploitation forestière au Saguenay, marquant ainsi les débuts de la colonisation dans cette région.
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Mais il ne faut pas croire que tout est allé facilement dès le début. Christian Harvey, l’actuel directeur de la Société d’histoire de Charlevoix, raconte qu’avant la création de celle-ci, on parlait davantage d’histoire locale que régionale soit, par exemple, l’histoire de Petite Rivière, de La Malbaie ou encore de Baie-St-Paul. « L’idée générale, c’était de faire une société d’histoire de Charlevoix, poursuit M. Harvey. Mais c’était pas simple, car il y avait une rivalité entre les secteurs. » Il y avait eu dans les années 1960, des sociétés d’histoire, mais plus dans l’est de la région. L’ouest se sentait alors laissé pour compte.

Finalement, le 27 juin 1984, journée de la fondation de la Société d’histoire, une dizaine de chercheurs de l’époque se réunissent et Serge Gauthier est alors nommé président. « Moi, à 25 ans, étant au doctorat en histoire, je n’étais pas très menaçant ! On a donc eu un vote unanime pour fonder la société et on avait autant de représentants de l’est que de l’ouest. » À partir de ce moment-là, la société a été beaucoup plus régionale.

La maison d’édition

Histoire de Charlevoix de Normand Perron et Serge Gauthier 2
Normand Perron, chercheur associé au sein de la Société d’histoire de Charlevoix, et Serge Gauthier, ont uni leur plume en l’an 2000 pour écrire Histoire de Charlevoix.
Histoire de Charlevoix de Normand Perron et Serge Gauthier 2

Un an après la fondation de la Société d’histoire, naissait la revue d’histoire de Charlevoix. Le dernier numéro portant sur le vélo et paru ce printemps est le 107e. Si on ajoute les numéros qui sont hors-série, la Société d’histoire en a publié au total 114. « C’est un élément important de l’organisme, souligne Christian Harvey. Depuis les débuts, on a fait les histoires des localités, les institutions comme le Domaine Forget, les musées, les paroisses… »

Étant donné que « les sociétés d’histoire ne sont pas subventionnées au Québec », comme l’explique M. Gauthier, la publication de la revue est l’un des modes de financement de l’organisme charlevoisien, qui compte entre 400 et 500 abonnés selon les chiffres du président Gauthier. « Plus de la moitié des abonnés donne plus que le coût de leur abonnement », précise de son côté le directeur.

Si la version papier est encore populaire chez les membres, la numérisation des documents produits par la Société fait aussi son petit bonhomme de chemin. La collaboration avec un média numérique comme Mon Charlevoix est aussi une nouvelle avenue prise par la Société d’histoire de Charlevoix.

La publication de différents ouvrages est également une partie importante du travail du tandem Gauthier-Harvey. C’est 80 titres qui ont vu le jour aux Éditions Charlevoix. Fondée en 2006, on y retrouve des romans, du théâtre et de la poésie. Les manuscrits reçus viennent d’auteurs et d’autrices en provenance de partout au Québec voire d’ailleurs. À noter que le prochain livre paraîtra en juin et portera sur la toponymie, les noms de lieux charlevoisiens.

Et pour l’avenir ?

Photo Christian Harvey S
Depuis 2012, Christian Harvey est directeur de la Société d’histoire de Charlevoix en plus d’être le directeur de sa Revue.
Photo Pierre Rochette
Photo Christian Harvey S

Si la Société d’histoire de Charlevoix, qui occupe la maison centenaire Hector-Bouchard à La Malbaie, intervient aussi dans des dossiers pour la sauvegarde du patrimoine comme ce fut le cas pour la Forge Riverin à La Malbaie ou pour la maison Fortin dite d’Alexis le Trotteur à Clermont, elle est aussi dépositaire d’un fonds d’archives important. Elle possède 100 mètres linéaires d’archives en plus de détenir 100 000 photos. (photo 4 – Christian Harvey, directeur de la Société d’histoire de Charlevoix)

Elle a collaboré à de nombreux colloques en plus d’en organiser plusieurs comme celui sur l’ethnologue Marius Barbeau ou celui sur le père Vincent Harvey, médiéviste charlevoisien réputé et directeur pendant sept ans de la revue Maintenant, qui fut du combat de la Révolution tranquille au Québec. Pas plus tard qu’au début du mois de mai, la Société d’histoire de Charlevoix fut aussi l’hôte à l’auberge de jeunesse de La Malbaie d’une conférence sur le changement dans Charlevoix.

Ancrée aussi dans le moment présent, la Société d’histoire de Charlevoix se distingue également par son intérêt envers un dossier important : la reconnaissance des origines autochtones de plusieurs Québécois. « On est historiens conseils, mentionne Serge Gauthier, dans ce domaine-là à travers le Québec. On a des contrats sur la Côte-Nord. On travaille en aidant les gens à faire des recherches historiques pour montrer que les Québécois ont beaucoup, beaucoup de racines autochtones, car le gouvernement du Canada et celui du Québec ne reconnaissent pas les Métis au Québec. »

Quant au 40e anniversaire comme tel, il sera notamment souligné par un numéro spécial de la revue à l’automne. Et par un autre événement que Messieurs Gauthier et Harvey se gardent bien toutefois de ne pas dévoiler tout de suite !

Après 40 ans, la Société d’histoire de Charlevoix est toujours bien vivante. Sa présence dans Charlevoix est bien la preuve une fois de plus, que pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient.

Aussi sur MON CHARLEVOIX par Christian Harvey et Serge Gauthier

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