Gens de chez nous | Restaurant l’Accalmie
Mar. 17 février 2026 3 minutes
Par André Magny
Crédit : Jean-François Desgagnés
L'Accalmie : un voyage dans votre assiette entre l'Isle-aux-Coudres et Baie-St-Paul
Depuis à peine un mois, Élisabeth Desgagnés et ses associés, ses trois frères, ont pris possession de l’ancien restaurant la Muse de Baie-St-Paul pour en faire L’Accalmie. Mais que diable sont-ils venus faire dans cette galère ?!
C’est souvent ce que pensent les gens en s’appropriant cette célèbre phrase de Molière dans son génial Tartuffe quand ils pensent à l’ouverture d’un nouveau restaurant par les temps qui courent. Et pourtant, la décision n’a pas été prise à la légère.
Habituée à des hivers plus tranquilles sur l’Isle-aux-Coudres et parfois à des problèmes de recrutement de personnel, Élisabeth, de la célèbre famille Desgagnés, qui possède notamment la Cidrerie Pedneault, raconte : « On s’est fait offrir une place d’affaires à Baie-St-Paul. On s’est questionné sur les opportunités qu’il y avait sur la rue et on a cherché à se faire accompagner par d’autres fous comme nous ! Résultat, deux « loups », comme ils les appellent affectueusement, originaires de la région, ont été recrutés à Québec, alors qu’ils travaillaient au Ciel!, du groupe Restos Plaisirs. Ces deux fous sont donc Moranne Tremblay, responsable de tout ce qui se passe au niveau de la salle à la manger, alors que Pascal Simard est le chef dans les cuisines.
Pourquoi manger à L’Accalmie ?
Axé sur une carte proposant des plats alliant les ressources de la terre et la mer, donc, poissons, fruits de mer et viande, « on vise le menu bistronomique », commente Morane Tremblay, présente quelques minutes lors de l’entrevue.
Sa collègue Élisabeth renchérit sur deux particularités propres au nouveau restaurant : « À Baie-St-Paul, les restos terre et mer n’existent pas et on est, de plus, une équipe jeune, dynamique. On aime avoir de la chaleur dans le restaurant. On est accessible au niveau des prix. On essaie d’être là, autant pour le résidentiel que le touristique. » Au point que L’Accalmie offre des tarifs aux gens résidant, non seulement à Baie-St-Paul, mais également dans l’ensemble de Charlevoix. « On veut que les gens de la place s’approprient vraiment notre restaurant », résume Élisabeth Desgagnés.
Crédit : Jean-François Desgagnés
Les produits du terroir, faits localement, sont évidemment à l’honneur au sein de L’Accalmie, qui compte 60 places à l’intérieur et 60 places en terrasse. Au passage, signalons les beignets de homard, les accras de morue, l’hydne sauté, ce champignon produit par Rose et Lion, la joue de bœuf ou le magret de canard de la Ferme Basque, servi dans une sauce à la framboise. Les pâtes viennent de chez Al Dente et les saucisses de la Charcuterie Charlevoisienne. Quant aux desserts, « les cannolis maison, ça n’a pas de bon sens ! », lance émerveillée Mme Desgagnés. En ce qui concerne la carte des vins, elle fait une large place à des cépages québécois. On y sert également des bières de L’Étale, cette micro-brasserie de l’Isle-aux-Coudres, propriété des Desgagnés, ainsi que des produits de Chez Menaud.
L’Accalmie, trait d’union maritime
Si la structure du nouveau restaurant est restée la même qu’à l’époque de La Muse, les nouveaux proprios ont fait appel à une artiste de la Petite-Rivière-Saint-François, Martine Lavoie, pour égayer les murs en y créant une nouvelle murale et en y déposant de ses peintures.
Certains coups de pinceau de l’artiste Charlevoisienne ainsi que des photos rappellent d’ailleurs le pourquoi du nom du restaurant. Goélette bâtie à l’Isle-aux-Coudres et dirigée par son capitaine Éloi Perron, pendant près de 40 ans, l’embarcation a été visible sur les berges de Baie-St-Paul, puisqu’elle y était venue volontairement s’échouée en 1975. Or, au moment du décès de son capitaine, les restes de la goélette sont partis en fumée. Quelle histoire ! On n’aurait pas pu trouver meilleur trait d’union entre l’Isle-aux-Coudres et Baie-St-Paul de dire en chœur Moranne Tremblay et Élisabeth Desgagnés.