Gens de chez nous | Tissus Charlevoix
Mar. 23 décembre 2025 3 minutes
Par André Magny
Crédit : André Magny
Tissus Charlevoix : loin d’être cousus de fil blanc !
Ouvert depuis octobre dernier à La Malbaie, dans les bâtiments jadis occupés par RONA, Tissus Charlevoix n’est pas un commerce comme les autres.
Derrière cette nouvelle adresse se trouve Mario Petit, un homme d’affaires chevronné qui œuvre dans le domaine du textile depuis un demi-siècle. « Moi, ça fait 50 ans que je fais ça », affirme-t-il d’entrée de jeu, rappelant un parcours impressionnant qui l’a mené à exploiter plusieurs commerces du même genre au Québec, notamment dans la région de Montréal, sur la Rive-Sud.
Originaire d’ailleurs de Saint-Bruno, M. Petit a longtemps œuvré dans de très grandes surfaces. « Ici, c’est 5 000 pieds carrés », explique-t-il, en précisant que le magasin de La Malbaie est « le plus petit » qu’il ait exploité depuis toutes ces décennies. Petit par la taille, peut-être, mais riche par les centaines d’étoffes qu’on y trouve, de la soie au coton, en passant notamment par la flanelle et le feutre ! « Boutons, fermetures éclair, dentelles côtoient également les innombrables fils prêts à passer sous la dextérité d’une couturière ou d’une machine à coudre.
L’approvisionnement repose en grande partie sur des surplus de manufacturiers « comme Joseph Ribkoff, Frank Lyman, de grands designers. On achète tous leurs surplus ». À cela s’ajoutent des fournisseurs réguliers à Montréal et ailleurs dans le monde. Cette capacité d’achat est liée à son rôle de grossiste : « Étant donné qu’on est grossiste, on fournit beaucoup de magasins, peut-être 150 magasins au Canada », de Halifax à Victoria, en plus de vendre du tissu pour l’habillement des militaires ukrainiens.
Crédit : André Magny
S’ancrer dans la région
Si M. Petit a choisi de s’installer dans Charlevoix, c’est par attachement à la région. Amateur de bateau, c’est un membre assidu de la marina de Cap-à-l’Aigle. Si le moteur a remplacé les voiles, cela ne l’empêche pas de parler avec passion de ses pérégrinations sur l’Atlantique !
Depuis l’ouverture, la réponse du public est au rendez-vous. « Les gens sont très satisfaits qu’on soit ici. À tous les jours, on se le fait dire », souligne-t-il. Les couturières y trouvent leur compte, tant pour les tissus que pour les accessoires comme des patrons. Le magasin offre aussi des services de réparation : « On répare peut-être deux ou trois machines à coudre par semaine ».
Mais ce n’est pas tout : l’engagement communautaire est aussi au cœur des Tissus Charlevoix. « On donne des cours ici aussi. On a trois classes qui étaient complètes pour l’automne », dit M. Petit, ajoutant que les cours de janvier sont déjà presque complets. Le commerce accueille également des artisanes du Cercle des fermières de La Malbaie. Un espace leur est attribué, mettant en valeur leurs créations.
Crédit : André Magny
La magie du maître des lieux !
Mais derrière le marchand de tissu se cache une autre passion, plus inattendue : la magie. « Ça, ça fait une trentaine d’années que je m’y intéresse », confie M. Petit. Une passion née jeune, nourrie au fil des rencontres : « Quand j’ai commencé à aller dans des shows à Las Vegas autour des tissus, j’ai rencontré des magiciens comme Copperfield ou encore Alain Choquette, qui m’a montré des trucs ».
Mario Petit a pratiqué la magie dans près de 60 pays, souvent lors de croisières, toujours par plaisir. « C’est juste pour m’amuser », précise-t-il. Et s’il est le premier à dire humblement qu’il n’est pas le meilleur magicien en ville, car il manque un peu de pratique, ne le croyez surtout pas ! Pour avoir été assis à 30 centimètres de lui et pour avoir scrupuleusement observé ses mains, on n’y voit que du feu !
Qu’il s’agisse de tissu ou d’illusions, M. Petit poursuit le même objectif : créer des moments de rencontre et d’émerveillement. Une philosophie qui, à La Malbaie, semble déjà être magique.