Secrets d’ici | La Chapelle Protestante de Pointe-au-Pic | 09/28
Sam. 30 août 2025 2 minutes
Par Serge Gauthier et Christian Harvey
La chapelle protestante de Pointe-au-Pic
Remarquable temple datant de 1867, la chapelle protestante du secteur Pointe-au-Pic à La Malbaie dessert depuis cette date les estivants de cette confession religieuse, majoritairement anglophones.
Connu sous le nom de Murray Bay Protestant Church, ce temple est lié à l’histoire de la villégiature à La Malbaie. Les personnes fréquentant ce lieu spirituel résident généralement sur le célèbre boulevard (ou chemin) des Falaises.
Rappelons qu’au 19e siècle et jusqu’au 20e siècle, le vocable Murray Bay évoquait pour les villégiateurs anglophones tout le secteur compris entre Cap-à-l’Aigle, La Malbaie et Pointe-au-Pic.
Il ne fut pas simple de construire ce temple au milieu du 19e siècle, car le curé catholique de La Malbaie s’y opposait fortement. Longtemps, les enfants du secteur furent incités à ne pas jouer près de la « chapelle protestante ».
Ce sentiment d’inquiétude face à une confession religieuse différente est disparu avec le temps. Il faut dire que la communauté fréquentant ce temple est très accueillante et aime s’y retrouver pendant la saison estivale.
En fait, l’édifice est ouvert au public en été. Il ne faut pas hésiter à le visiter, car c’est un véritable petit bijou architectural.
C’est l’entrepreneur Hubert Warren qui est chargé des travaux de construction de la chapelle en 1867. Au fil du temps, le temple est agrandi.
En 1910, sous la supervision du réputé architecte Jean-Charles Warren, le revêtement de bois de la chapelle est remplacé par de la pierre. L’intérieur en bois est cependant demeuré.
En 1925, le temple se dote d’un orgue Casavant qui remplace un orgue datant de 1903.
À l’intérieur, il faut contempler les très beaux vitraux qu’on y trouve. Aussi, notons la présence de plusieurs plaques commémoratives en l’honneur de personnalités souvent très célèbres ayant fréquenté le bâtiment ou financé sa construction ou ses rénovations.
Près de la porte d’entrée, sur le devant de l’édifice, on remarque une plaque installée en 1967 par la première Société Historique de Charlevoix afin de célébrer le 100e anniversaire de l’édifice, ce qui prouve ainsi l’attachement de la population locale à cette chapelle et à la communauté venant y pratiquer sa foi.
Juste à côté de l’église, on trouve un petit cimetière. Quelques anciens membres de la communauté y reposent sous des stèles simples, mais significatives.
Il faut noter celle de l’écrivain et écologiste William Hume Blake, auteur de plusieurs livres sur la nature charlevoisienne et traducteur en anglais du célèbre roman Maria Chapdelaine de l’écrivain Louis Hémon.
Témoin d’une histoire de la villégiature dans Charlevoix toujours bien vivante, la chapelle protestante du secteur de Pointe-au-Pic recèle de ce fait des pages uniques du passé de notre région.
Ce texte fait partie de l'ouvrage Secrets de Charlevoix 2 disponible chez TOU&Cie à La Malbaie, à la librairie Baie-Saint-Paul et en ligne sur www.shistoirecharlevoix.com