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Secrets d’ici | Palais de Justice de la Malbaie | 08/28

La Malbaie

Sam. 23 août 2025 2 minutes

Par Serge Gauthier et Christian Harvey

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Photo : Pierre Rochette
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Le palais de justice de La Malbaie

Le palais de justice de La Malbaie a été construit entre 1859 et 1863.

Il a été érigé d’après des plans du célèbre architecte Frederick Preston Rubidge (1806-1897), qui ont d’ailleurs servi à l’élaboration de plusieurs autres palais de justice au Québec.

Cependant, pour le palais de justice de La Malbaie, les plans de Rubidge ont été quelque peu modifiés.

En effet, la faiblesse démographique du district judiciaire (alors nommé Saguenay), desservi par le palais de justice de La Malbaie, a fait en sorte que quelques changements soient nécessaires.

Ainsi, l’aile du bâtiment devant former la prison fut construite sur un seul étage, contrairement au plan de Rubidge, qui en prévoyait plutôt deux.

C’est un édifice d’inspiration néo-classique qui possède des fondations de 24 pouces d’épaisseur. Les murs extérieurs ont plus de 26 pouces d’épaisseur.

À l’origine, l’intérieur du palais de justice avait une grande salle d’audience, des bureaux pour les juges, les avocats et les jurés et des bureaux pour les autres services judiciaires (greffes, archives, chambre forte). Deux annexes ont été ajoutées à l’édifice en 1931 et de 1960 à 1961. Ainsi, on procède, en 1931, à la construction d’un logement pour le geôlier, annexé à l’extrémité nord du bâtiment. En 1960, l’aile sud du corps principal du bâtiment est prolongée vers l’arrière par une annexe de trois étages.

Autrefois, des prisonniers étaient détenus au palais de justice de La Malbaie. Le poste de geôlier fut occupé par des membres de la famille Chaperon durant cinq générations. Le dernier en titre se nommait Paul Chaperon. On raconte que l’épouse d’un de ses geôliers Chaperon faisait si bien à manger que les prisonniers se régalaient au point de n’être pas pressés de sortir de prison.

Il faut noter que le 20 septembre 1869, il y a eu une pendaison au palais de justice de La Malbaie, soit celle du détenu Eugène Poitras, reconnu coupable de meurtre. La pendaison se fit en public. Le bourreau ayant mal calculé la longueur de la corde, Eugène Poitras ne fut étouffé qu’à moitié et il fallut lui écraser les épaules pour s’assurer qu’il était bien mort. Une scène dramatique qui a marqué toutes les personnes assistant à l’exécution.

Notons que le palais de justice de La Malbaie (district judiciaire Saguenay) a aussi desservi brièvement Chicoutimi, mais aussi la Côte-Nord jusqu’en 1964.

Depuis 1985 cependant, le district judiciaire se nomme simplement Charlevoix et il dessert ce qu’on désigne comme le territoire traditionnel de Charlevoix, allant de Petite-Rivière-Saint-François jusqu’à Baie-Sainte-Catherine.

Le palais de justice de La Malbaie est ainsi un bâtiment historique marquant de Charlevoix et, de nos jours, il reste un précieux bâtiment patrimonial de La Malbaie.

Ce texte fait partie de l'ouvrage Secrets de Charlevoix 2 disponible chez TOU&Cie à La Malbaie, à la librairie Baie-Saint-Paul et en ligne sur www.shistoirecharlevoix.com

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